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vendredi 12 octobre 2012

Tic Tac

J'adore les trois première secondes d'un Tic Tac. Ce magnifique petit goût vanillé, aucune autre menthe ne l'a. Mais après, ça devient ordinaire. Et ça toutes les menthes l'ont. Alors j'ai écrit à Ferrero, fabriquant du Tic Tac :

Bonjour. J'adore les 3 premières secondes vanillées du Tic Tac original. Avez-vous une version entièrement "vanille", donc sans le goût de menthe plutôt ordinaire ?

J'ai écrit à la maison-mère, en Italie. J'ai traduit ma lettre en italien dans Google Translate. Le résultat semblait potable. Avant de l'envoyer, j'ai demandé à Google de "détraduire" son résultat, de l'italien vers le français. Le texte était un peu amoché, mais son essence était encore compréhensible.

Au bout de quelques jours, j'ai reçu une réponse laconique qui disait, en résumé : "Vous êtes en France, écrivez à Ferrero France". Finalement, le service à la clientèle de Ferrero Italie est peut-être sous-traité en Inde.

J'ai essayé d'écrire à Ferrero France. Mais leur formulaire en ligne a un bogue. Impossible de saisir ma ville, mais le champ est obligatoire. Alors j'ai un popup d'erreur. Finalement, le site web de Ferrero France est peut-être développé et testé en Inde. Ou en France...

@Ferrero : c'est ici que doit commencer à sonner votre alarme "Client qui se barre". Si vous ne connaissez pas, demandez à un service à la clientèle américain, et on vous expliquera.

Vanilla planifolia, sur wikipedia.


Donc je suis retourné dans Google pour chercher un autre fournisseur de bonbons à la vanille. Suprise : ils sont plutôt rares. À moins de commander une boîte de 20 kilos en provenance de Super Candy Wholesale au Connecticut, on est un peu baisé.

Je peux avoir du Coca-Cola à la vanille, une lessive à la vanille, du Febreeze à la vanille, du lait de soja à la vanille, des yaourts à la vanille, des biscuits à la vanille. La vanille est un des parfums de glace les plus consommés au monde. Mais des bonbons, je trouve pas. Y'a beaucoup de propositions avec la vanille comme deuxième parfum : toffee à la vanille, machin menthe et vanille, chocolats coeur vanille. Mais un petit bonbon "juste vanille", c'est rare.

Alors à l'entrepreneur parmi vous : je serai votre premier client.

mercredi 21 mars 2012

Paris... contaminé !

Elle est jolie, ténébreuse, avec une gueule d'actrice. Elle fait un peu Piaf, un peu Simone Signoret, un peu Jeanne Moreau. Avec sa cloppe et son béret, elle est la Française libre, l'indépendante, la résistante. Mais attention, elle a une Syphilis !


Source image : MentalFloss.


Et celle-ci, la splendide petite catho, avec ses yeux d'ange et ses bonnes manières. Quelle joie de l'avoir à votre cou. Mais gare à vous, elle vous filera la gonorrhée !


Source image : MentalFloss.


J'ai repêché ces vieilles affiches sur MentalFloss. Elles étaient destinées au soldats américains en Europe, lors de la deuxième guerre mondiale. Faut croire qu'en publicité et en propagande, on préfère toujours se rabattre sur un bon vieux stéréotype.

jeudi 15 mars 2012

Les riches

Selon ce que rapporte l'Express, une étude aurait démontré que les riches sont moins sympas que les pauvres. Un certain nombre de tests de psychologie interrelationnelle menés sur des groupes pointeraient vers un lien entre le statut social élevé et la propension à mentir, tricher, profiter, et abuser du bien commun.

Bon, je prends toujours ces études avec un grain de sel. Mais celle-ci m'aide à mieux comprendre les Parisiens. S'ils sont si ignobles, c'est simplement qu'ils veulent booster leur statut social. Un costard bien coupé, des chaussures cirées, et surtout une attitude de merde sont primordiales à la survie, dans une ville où tout est fondé sur l'apparence. Darwinisme à la parisienne.


La justice

Heureusement, l'humoriste qui nous sert d'Être Supérieur a trouvé le moyen d'assurer un peu de justice en ce bas monde. Pour arriver à ses fins, il exploite notre vanité. Personne ne supporte l'idée de vieillir. Les pauvres finissent par l'accepter. Mais les riches, qui ont des moyens, se lancent comme Don Quichotte dans un combat futile contre l'âge. Avec des résultats qui souvent réjouissent mon cynisme revanchard. Constatez-le par vous même lors d'un petit week-end à Cannes, capitale mondiale du trio Rolls-Royce-Rhytidectomie.


Joan Rivers, 78 années de stretching, sur wikipedia.


Intox

Oui, il est vraiment juste notre Créateur. Plus on est riche, plus on peut se permettre de manger au resto. Or, il appert que plus on mange au resto, plus on est malade. Vu les contorsions faciales qu'entraîne une bonne intox, je présume que les riches souffrent plus que les pauvres.


Vous en rêvez

Bon, si tout ça ne vous a pas enlevé l'envie de devenir riche, vous pouvez toujours vous rendre à Prague afin de recevoir une formation essentielle. On y offre le "CorruptTour", une collection de circuits commentés dont la thématique est la corruption. Somptueuse villa d'un lobbyiste, téléphérique inutile, tunnel routier au coût vertigineux, tout y est pour vous inspirer votre prochaine affaire juteuse.


Et pour les pauvres

Évidemment, vous avez fait l'erreur de choisir curriculum universitaire de merde menant à un métier ennuyant, peu valorisé, et mal payé. Les plombiers se paient votre tête et celle de vos dettes. Mais tout n'est pas perdu ; vous pouvez encore vous distraire à établir des corrélations faciles basées sur les disparités économiques. C'est d'ailleurs ce qu'ont fait deux sociologues, un Canadien et un Américain, pour nous révéler que la dépression est influencée par le niveau d'études des parents.

Vous êtes paresseux, et vous n'avez pas envie de vous taper 10 ans de recherches. Alors je vous donne un raccourci : pensez à deux trucs qui distinguent les riches des pauvres, et corrélez. Des exemples :
  • Partager un deux-pièces avec 10 personnes encourage l'achat de vêtements bon marché.
  • Avoir comme seul repas un bol de riz blanc matin, midi, et soir limite l'avancement professionnel.
  • Les propriétaires de piscines creusées subissent moins d'aggressions violentes que les locataires de taudis.
  • Gagner 5 millions à la loterie triple les chances de subir une chirurgie au visage.

Ça peut vous sembler futile comme exercice. Mais une personne avec un bon pif aura compris qu'on peut se faire un tas de fric en vendant une "étude" dont la conclusion ressemblerait à ceci :
  • Les gens qui portent des polos Lacoste ont accès à de meilleurs traitements médicaux.

Mais vous êtes pauvre. Ceci explique cela.

mercredi 29 février 2012

L'oubli

Le Parlement français a adopté un loi faisant du 11 novembre une journée "en hommage à tous les morts pour la France". Auparavant, ce jour férié marquait spécifiquement l'armistice de la Première Guerre Mondiale, en 1918. Ce changement sémantique intervient au moment du décès du dernier vétéran connu de 14-18.

Soumis à ce que j'appellerais la "dilution temporelle", des événements jadis hautement symboliques perdent de leur force et de leur pertinence. Disparition des derniers témoins ; effets du temps qui passe ; nouveaux événements, plus clairs dans la mémoire, et qui demandent aussi d'être soulignés. Une sorte de poussière tombe sur le vieil événement. Il se dissout. Il est mangé par la terre, comme les corps de ces gens dont personne ne se souvient.


Les silhouettes anonymes de Francisco de Goya, sur wikipedia.


Qu'est-il arrivé à la mémoire des autres grandes guerres ? La Guerre de Cent Ans ? Et celle de Trente Ans ? La Guerre franco-allemande de 1870 (430 000 morts) ? La Guerre d'indépendance espagnole (607 000 morts) ?

L'oubli, patient dans sa tâche...



jeudi 9 février 2012

Paulstradamus

Bon petit peuple, je te sens perdu. Tu es inquiet. Tu as besoin d'un guide, d'une vision pour l'avenir. Alors pour te soulager, j'ai décidé de devenir Marabout. Here we go !


L'hiver et le froid

Il y aura un hiver l'an prochain.
  • Si cet hiver est chaud, les journalistes parleront du réchauffement climatique et recueilleront les témoignages de citoyens inquiets.
  • Si cet hiver est froid, les journalistes parleront de pénurie énergétique et recueilleront les témoignages de citoyens inquiets.
  • Si la température est normale, les journalistes rapporteront que la température est anormalement normale. Ils recueilleront les témoignages de citoyens heureux de cette bouffée de normalité, mais quand même inquiets pour la suite.
Allez voir cette fascinante collection de flocons anciens sur Wikipedia, ça vous détendra.

Source photo : wikipedia.



La Corée du Nord

L'événement géopolitique de l'année, ce sera l'effondrement du régime nord-coréen. Ma prédiction, c'est que ce sera fait d'ici 12 à 18 mois. Le régime n'est plus qu'une mince façade. Et ça soulagera tout le monde. Le trou dans le mur sera creusé du côté chinois. La Chine est le pays le mieux placé pour gérer une transition graduelle vers une économie marché, tout en épargnant la parure communiste. Et elle ne fait plus peur à ses voisins, depuis qu'elle parle la langue internationale du business.

D'ici quelques années, vous irez faire de sympathiques treks dans les montagnes vierges du Kumgangsan. Les locaux, d'un naturel accueillant, seront heureux de vous faire découvrir la culture de la région. Et les satellites photographieront peut-être autre chose que du noir lorsqu'ils passeront au dessus de la Corée du Nord.


Péninsule coréenne la nuit : wikipedia.



2017, Facebook is gone

Bon, Facebook ne disparaîtra pas de sitôt. Surtout avec le délire de son introduction en Bourse. Mais Facebook, c'est le Yahoo de 2017. La plate-forme ne propose rien de mieux que ce qu'elle est déjà. Les gens vont se lasser. Ça sera un peu comme U2, ou les sushis, ou les mojitos, ou Microsoft Word : ça reste dans le décor, c'est sympathique à l'occasion, vaguement ringard. Vous irez de moins en moins souvent. Et à un moment, vous n'irez plus qu'à l'occasion, accidentellement.

Moi, Facebook commence à m'ennuyer. Y'a pas de nouveautés depuis 2 ans, à part les boutons qui disparaissent et réapparaissent ailleurs. Leur dernier gros changement, la "timeline", est un truc cosmétique destiné à caresser mon ego, et qui m'a amusé pendant 10 minutes. Tout ce qui me reste, ce sont mes potes qui mettent des conneries rigolotes. Mais y'en a de moins en moins. Premièrement parce que l'algorithme de sélection de contenu est terriblement réducteur. Deuxièmement parce que patrons et R.H. y sont de plus en plus présents. Dans un groupe social, l'arrivée des R.H. fait le même effet que l'arrivée d'un thermomètre froid dans un orifice chaud.


Facebook en 2005 : wikipedia.


La Crise

La crise va durer 10 ans et je vais changer de métier.

Dans les années 80, la crise à duré 10 ans. Si on fait la moyenne des années 2000, la courbe est plate. La crise, et le surtout le maintien de l'impression-que-c'est-la-crise dans l'opinion, c'est pratique pour les politiciens. Ça permet de s'inventer un bilan quand on n'en a pas : "Nous avons combattu la crise. Si nous n'avions rien fait, la situation serait catastrophique !"

Il faut apprendre des politiciens, transposer leurs rhétoriques dans le couple : "Mais chérie, en ne sortant pas les poubelles, j'ai évité de me faire piétiner par une éventuelle horde de mammouths ! Imagine ta vie sans moi ! Tu l'aurais payé comment, l'appart ?"

Donc la crise va durer 10 ans et me faire changer de métier. On va me virer parce que je suis vieux, afin de me remplacer par un trentenaire qui coûte moins cher. Je ne lui en veux pas, au trentenaire. Ça fait 10 ans qu'il attend un boulot. Dix ans qu'on lui dit "vous manquez d'expérience". Cool pour lui, cool pour moi qui en a marre de toute cette connerie corporative. La vie est tellement courte, ça serait idiot la consacrer à une seule chose.

La crise, c'est pas une question d'époque. C'est plutôt une question de lieu. Dans les années 1990, pendant que l'Amérique de Clinton se roulait dans la croissance, l'Argentine sombrait. Aujourd'hui, c'est l'inverse : en Argentine, personne ne parle de crise.

Tiens, et si j'allais en Argentine ? Ou peut-être aux USA, parce qu'après la pluie... Quoique c'est la même chose en France. Sauf qu'en France, il pleut tout le temps. Quand il ne fait pas froid.


Voiture d'un Okie : wikipedia.


vendredi 3 février 2012

Désolé, j'ai trop bu

Forts de bribes glanées à droite et à gauche dans vos revues de mode préférées, vous vous complaisez dans votre alcoolisme. On dit que le vin rouge est bon pour le coeur. Et bien sachez que dorénavant, vous devrez aller chez le curé pour vous déculpabiliser. Selon cet article, toutes les vertus du vin sont remises en doute. L'éminent chercheur derrière les études les plus connues est accusé d'avoir falsifié ses résultats.

Moi je trouve qu'en matière d'alcool, on se fait beaucoup de mal en confondant cause et effet.

Prenons par exemple mon dernier mal de crâne violent. J'ai un ami qui est une sorte de bobo-artisan-du-dimanche. Il aime fabriquer des choses branchées chez lui. Il fabrique aussi son rhum arrangé maison. C'était vaguement marron, et il y avait des particules qui flottaient. Le lendemain, j'avais mon jogging dominical. J'ai beaucoup souffert. Mais c'est pas la faute à l'alcool. C'est parce que je choisis mal mes amis. Et parce que le jogging est un sport de crétins.


Source photo : wikipedia.


Parfois je bois. C'est pas la faute à l'alcool. C'est la faute à mon boulot. Si y'avait pas l'alcool, y'aurait le parachutisme, la cloppe, le sado-masochisme, le chocolat. Y'aurait autre chose. Parce que y'aurait toujours mon boulot. C'est pas la faute à l'alcool si j'ai un boulot.


Bêtise du groupe

En parlant de boulot, je dirais que la connerie d'une organisation se mesure à son ampleur. Je sais de quoi je parle, car j'ai travaillé pour de grandes origanisations. Alors ça me conforte un peu dans mes opinions quand je vois sur Le Point.fr qu'appartenir à un groupe rend bête.

Le titre accroche bien, mais "l'article" tient sur un seul paragraphe, cite mal ses sources et ne fournit aucune donnée. En somme, c'est du n'importe quoi journalistique. Je ne savais pas que Le Point.fr était une si grande organisation.


Conseil aux RH

Le vrai danger pour une organisation, ce ne sont pas les cyniques et désabusés. Il suffit de leur confier une mission utile. Ils en rêvent. Ils ne sont que des petits toutous déprimés. Donnez-leur un traîneau à traîner, et ils trépigneront de bonheur. Comme des huskies.

Le vrai danger pour une entreprise, ce sont les motivés à qui on a confié une mission inutile. Ils embêtent les autres jusqu'à les rendre cyniques.


Auberge chinoise

En parlant de motivation au travail, y'a les Chinois qui nous ont bâti un hôtel de 15 étages en six jours. Ah non, il s'agirait plutôt d'un hôtel de 30 étages en 15 jours. Ou selon Fox News, un hôtel de beaucoup-d'étages en 30 jours.

Même hôtel, trois versions... Bon, c'est une nouvelle chinoise, et y'a Fox News dans les sources... Alors côté crédibilité, j'ai du mal. Et si on lit bien, au delà du titre, on comprend que la structure a été assemblée à partir d'unités préfabriquées.

Tout ça pour dire que l'information, c'est du divertissement. Alors la lecture de ce blog est toute aussi pertinente. Donc arrêtez de culpabiliser.


La France a inventé internet

Vous n'êtes pas encore convaincus que mon blog est tout aussi pertinent et crédible que les grands médias ? Alors selon un article sur Le Point.fr (encore eux), la France a inventé internet... En gros, on explique que Tim Berners-Lee (inventeur du html) a travaillé au CERN, en Suisse. Mais les bâtiments du laboratoire sont à cheval sur la frontière franco-suisse, et celui où a travaillé Berners-Lee est sur le territoire français. Donc le Web est invention française, photo aérienne à l'appui (dans l'article).

Afin d'être tout aussi pertinent, j'ai décidé d'appliquer le même mode de raisonnement (présence sur un territoire + photo). Pour rester dans le thème, je combine à la tradition Internet de conclure tout argumentaire par une comparaison impliquant les Nazis (Loi de Godwin). Et j'en arrive à cette découverte révolutionnaire : la Solution Finale est une invention française.


Source photo : wikipedia.


Je vais vous le confier à l'oreille, la plus grande invention de la France, c'est sa capacité à s'attribuer le travail des autres.


Bouclons la boucle

Je laisse Coluche boucler la boucle entre ma médisance, les Français, et l'alcool (mon sujet de départ) : "Un alcoolique, c'est quelqu'un que vous n'aimez pas et qui boit autant que vous."

lundi 23 janvier 2012

Jours sombres

Pour accompagner votre café noir, un peu d'humour noir. Tellement noir que c'est même plus de l'humour.


Vaincre la crise

Bon, c'est la crise. Depuis des années, en Espagne, les jeunes n'arrivent pas à intégrer le marché de l'emploi. Ils vont de stage en stage, sont sous-payés, et vivent la précarité. J'ai peut-être la solution. Comme le dit cet article, il y a une profession qui ouvre toutes grandes ses portes à la jeunesse. On y lit : "Selon les estimations internationales, entre 40 et 42 millions de personnes se prostituent dans le monde, et 75 % d'entre elles ont entre 13 et 25 ans."


Source photo : wikipedia.


En bon économiste, je dirais qu'un afflux de main d'oeuvre dans cette profession serait profitable à tout le monde, car elle ferait baisser les prix, rendant ce service accessible à tous. Et quant à ceux qui dénoncent une discrimination en faveur des femmes dans l'embauche, il faut se rappeler que la prostitution a son pendant majoritairement masculin : la politique. Toutefois, l'article ne dit pas si les statistiques rapportée incluent votre député.


La Corée du Nord démonisée

J'espère de tout mon coeur que la Corée du Nord est victime d'une campagne de salissage orchestrée par l'Ouest. J'espère qu'on me raconte des bobards en vue de me convaincre de la nécessité d'une intervention militaire. Parce que selon ceci et ceci, des citoyens de l'honorable dictature sont en ce moment envoyés aux travaux forcés parce qu'ils n'ont pas pleuré assez vigoureusement lors du décès du sauveur de la nation, Kim Jong Il. J'espère que ce sont des mensonges.


Encore une fois, mort aux Vieux

Selon cet article, les vieux se plaignent de la génération "Y". Les jeunes d'aujourd'hui sont jugés ambitieux et individualistes. Ok, tout le monde, choc total dans l'histoire de l'humanité, pour la première fois depuis la Création, l'ancienne génération se plaint de la nouvelle.

C'est vrai que c'est pas normal. Je suis complètement indigné. Pas moyen de rester installé, peinard dans mon fauteuil, à profiter un peu de ma BMW. Pour arriver jusqu'ici, j'ai marché sur mon orgueuil, j'ai fermé ma gueule, j'ai foncé dans la tempête, j'ai défendu mon territoire. Je me suis battu. J'en ai léché des culs. J'en ai léché un tas. Alors tous ces petits cons, qui veulent ma place sans l'haleine qui va avec, je les emmerde. Non mais, pour qui ils se prennent... petits insolents ! S'ils veulent ma place, ils devront me marcher sur le corps. En attendant, j'ai mes fesses qui sèchent au vent, et j'aurais bien besoin d'un petit coup de langue pour me les hydrater.


Et mort aux scientifiques

Ah le Stradivarius, joyau inimitable de la lutherie, encore une fois attaqué par une désolante étude scientifique. On aurait démontré que la qualité du Fagot de Crémone (mon appellation) réside d'abord dans l'esprit du musicien. Lors d'un test à l'aveugle, une majorité a choisi l'instrument d'un luthier moderne, plutôt que la bonne vieille planche.

Honteux. On devrait abattre les scientifiques. Ils nuisent à l'économie. Ou va le monde, si on ne peut plus profiter du snobisme des uns pour leur refourguer de vieux machins à des prix scandaleux ? Je tiens à rappeler que la productivité se mesure d'abord par la marge de profit. Ce qui nous permet de vendre de la camelote européenne cinq fois plus cher que la chinoise, c'est le nom, la tradition, la réputation de la maison. Nous avons devant nous un milliard de Chinois qui rêvent d'accéder au snobisme, qui veulent le vrai sac Vuitton, la vraie veste Chanel.

J'appelle ces cons de scientifiques à fermer leur gueule. Si on persiste à rappeler que tout n'est que poudre aux yeux, les Chinois vont arrêter de nous rétro-inonder avec notre ancien fric, et ce sera la crise, et y'aura plus d'argent pour financer des études scientifiques inutiles. Pfff...

vendredi 13 janvier 2012

Vive le vendredi

C'est vendredi, et le vendredi on n'a pas trop envie de bosser. Alors je vous envoie dans le désordre quelques petits sujets, sur lesquels vous vous ferez votre propre idée.

Comme à Rome

Ceux qui sont allés à Rome connaissent les pizzas "al taglio". En France on dirait "à la découpe". Ce sont de belles grandes pizzas rectangulaires fraîchement sorties du four, qu'on vend au poids où à la pièce. Les garnitures sont au goût du chef, on prend ce qu'il y a sur le moment. Et c'est simple, mais toujours spectaculairement délicieux.


Source photo : wikipedia.


J'ai le grand bonheur d'avoir dans mon quartier un jeune couple d'Italiens qui font exactement ça. Un peu bobos, très slow-food, ils proposent de splendides ingrédients sur une pâte toujours craquante. Sourire en prime. Rien de mieux pour se recomposer après un panne catastrophique du RER qui vous a bouffé une partie de votre soirée. Et c'est pas cher : pour environ 10 euros, vous aurez deux belles parts de pizza et un Pelegrino. Lundi soir j'ai pris une part radicchio-gorgonzola-noix, et une part margherita. Pizza et fichi, pas loin de la station Des Boulets.


Canada Update

Le gouvernement canadien s'acharne à piétiner votre fantasme de beau grand pays de nature et d'environnement. Cette semaine, dans le dossier du pipeline Northern Gateway, le ministre des Ressources naturelles, Joe Oliver, a fait une sortie virulente contre les groupes écologistes. Ils les a accusés d'être des "radicaux" à la solde de "groupes d'intérêts spéciaux étrangers". Une sortie si violente qu'elle a embarrassé les industriels eux-mêmes. Eh oui, l'actuel gouvernement canadien est encore moins écolo que la grande industrie...

En ce qui concerne Montréal, considérez dorénavant que la métropole comme "out". Le nouveau buzz, le nouvel exotisme nordique, c'est Toronto. C'est Madame Figaro qui nous le dit. Et le plus triste, c'est que je la crois.


Petite bouffe sympa

Du côté de la France, une autre affaire du genre "toilette en or massif". Mini scandale autour de l'homme politique Christian Estrosi qui, justifiant son train de vie, explique sur l’antenne de RFI que le Fouquet's a tout d’une bonne "brasserie populaire". David Caviglioli, du NouvelObs, signe une satire absolument délicieuse sur le sujet. À lire, c'est du vrai "one line, one punch".


La vie secrète des riches

Si vous avez plutôt envie de vous étouffer avec votre café, lisez ce papier du Monde, sobrement intitulé "Pourquoi faut-il que les Etats payent 600 fois plus que les banques ?"


Sympathique

Toujours dans le domaine du business, la 1000e étude confirmant que l'Avenue des Champs Élysées est la capitale mondiale du service médiocre et du personnel hautain. Venez pas dire que personne ne vous avait averti.


Noyer sa peine
Si votre petit coeur a été blessé par un irascible serveur des Champs Élysées, vous pourrez dorénavant vous soigner avec des bières de qualité. Selon cet article, Paris serait sur le point de pondre son premier brasseur artisal, Thierry Roche. Il ouvrira bientôt une petite boutique nommée "Les bières de la Goutte d'Or". Les Parisiens en auraient-ils enfin marre de leur traditionnel pipi industriel ? Espoir.


Mort aux vieux

Le magazine Rolling Stone sortait récemment sa compilation des 100 meilleurs guitaristes de tous les temps. Évidemment, c'est Jimi Hendrix qui gagne, suivi de près par Eric Clapton et Jimmy Page. C'est moi, où le Rolling Stone commence à sonner aussi vieillot que l'Osservatore Romano ? Hé ho, le monde ne s'est pas arrêté en 1971... Parfois j'ai l'impression que les grands médias ont décidé de zapper les 40 dernières années de l'humanité. Je répète, ce sont quand même les 40 dernières. Alors faudrait un peu marquer le coup...

jeudi 5 janvier 2012

2012 : Sex and Love

C'est 2012, et comme tout le monde, vous avez décidé de maigrir ou de cesser de fumer. Sympathique, mais un peu cliché. Une résolution originale serait de commencer à utiliser votre cerveau en lisant des trucs plus pertinents que mon blog. Mais bon, difficile d'abandonner ses plaisirs coupables...

Pour aider votre déculpabilisation, je vous propose quelques thèmes de réflexion philosophique. Ça me permettra d'adjoindre un minimum de nutriments cérébraux aux calories vides de mes écrits, et d'ainsi alimenter un peu vos esprits. Choisissez un des thèmes suivants et faites-moi une dissertation de 10 pages :


Et les politiciens, eux ? Peuvent-ils nous faire confiance ?


Le talent se mesure à la capacité de s'attribuer le travail des autres.
(D'ailleurs, cet article nous le rappelle bien. Il revient sur les plus beaux cas de plagiat de 2011, en France.)


Lorsqu'on parle de ce qui descend du ciel, on ne mentionne pas assez la crotte de pigeon.


La vraie révolution serait le compromis.


L'amitié favorise l'endettement.


Comme l'a dit Marshall McLuhan, qu'importe l'ivresse, pourvu qu'on ait le flacon.


"C'était délicieux", "tu n'as pas grossi", "votre bébé est mignon"... La vie n'est qu'illusion.


La véritable perfection, c'est d'avoir les bons défauts.


L'égoïsme est le moyen le plus simple de donner un sens à sa vie.



Bon, ça suffit. Pour le reste de 2012, je reviendrai à ma vacuité habituelle. En attendant la suite, si vous préférez l'action à la réflexion, je vous suggère cet article selon lequel la pratique d'une activité sexuelle diminue les comportements d'agressivité. Comme quoi les hippies avaient peut-être raison.

Hippies. Source photo : wikipedia.


Petite note en terminant. Vous avez peut-être remarqué dans ce blog une récente multiplication des références salaces et l'inclusion un peu gratuite de contenu à caractère sexuel. Il s'agit d'une expérience auto-destructrice ayant pour but d'éliminer mes dernières illusions sur l'âme humaine et sa grandeur. J'ai remarqué que mes statistiques explosent lorsque je parle des fesses. D'ailleurs, ce billet scato est mon plus grand succès à vie, et récolte depuis 2 ans la majorité des visites quotidiennes sur ce blog. Mais sachez que je ne cherche en rien à entamer la haute estime que vous pourriez avoir de vos divertissements intellectuels... Bande d'obsédés !

mercredi 26 octobre 2011

Revue de presse

Aujourd'hui, je m'abreuve à l'Express pour vous transmettre toute l'information pertinente à votre survie sociale.

Les violences à l'école vous inquiètent-elles ?
Non, pour deux raisons :
1. Je ne vais plus à l'école.
2. S'il faut apprendre à se battre, autant que ça soit encadré par un système national.

La mort coûte cher en France.
Ceci m'inspire cette petite forme pseudo-syllogique :
1. Quand la mort coûte cher, on vit plus vieux.
2. Les Français vivent vieux.
3. Les Français sont des pingres.

Kadhafi enterré ce mardi dans le désert libyen.
Ne mettez pas d'eau, sinon ça va pousser.

Maigrir par l'astrologie: nos conseils aux scorpions.
Mon conseil à moi : ne mangez que des scorpions frits.


Où aimez-vous travailler ?
Oxymore.

Joly invite Hollande à Fukushima.
Elle déclare : "À nous deux, on devrait pouvoir les achever."

Le Royaume-Uni pourrait changer les règles de succession au trône.
Les familles nombreuses devront faire preuve de diplomatie, et surtout de retenue.

Plus rien ne passe au Sénat (ou presque).
Ce genre de problème est fréquent chez les aînés.

mardi 11 octobre 2011

Pluie de capotes

La province de Lop Buri, en Thaïlande, subit d'importantes inondations. Parmi les mesures d'aide apportées par le gouvernement, il y a eu le parachutage de capotes.

Cet article nous explique que le gouvernement craint une explosion des naissances. Des responsables dans la zone ont rapporté que les habitants, coincés à la maison, en viennent à se faires de gros câlins pour tromper l'ennui.

En Amérique du Nord, quand on s'ennuie, on fouille dans le garde-manger. On bouffe des chips, on boit du coca. Les Thaïlandais, eux, ils baisent. Si un jour je vais en Thaïlande, j'espère qu'il pleuvra beaucoup.


(Photo : Narong Sangnak/EPA)



mardi 4 octobre 2011

Tour d'horizon

Petit tour d'horizon des tendances de l'humanité (c'est-à-dire l'Occident) et des nouvelles importantes, soit celles qui feront l'histoire.

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Le titre prestigieux d'ennemi public numéro 1 de l'univers a par le passé été détenu successivement par les communistes, les arabes, et la grippe aviaire. Depuis quelques années, ce sont les fumeurs qui trônent en haut du palmarès. Mais ils ont de nouveaux compétiteurs : les gros. Le Danemark vient de taxer le gras dans l'alimentation. Du côté de la France, de nouvelles règles limitent l'utilisation du sel et du ketchup dans les cantines scolaires.

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Nouvelle intéressante qui nous provient...
Clic, clic, scroll, clic...
Le Figaro.. euh... donc je disais, que le cerveau... Excusez-moi, une petite minute...
Merde, pourquoi il m'écrit, lui...
Ouais, donc les smartphones et le cerveau...
Ah, trop cool ce lien vers "bourrelets-de-star.com"...
Bon, alors c'est pas bon... Les smartphones... Les smartphones et le cerveau. C'est pas bon. Capiche ?

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Bonne nouvelle, les femmes font moins faillite que les hommes. Autrement dit, les femmes font preuve de retenue quand il s'agit de leur propre fric. J'en déduis qu'elles sont sujettes au mimétisme : quand elles ont en main le fric d'un mec, elles imitent le mec et achètent un maximum de conneries futiles. Si les femmes étaient intelligentes, elles apprendraient aux mecs à faire des économies, au lieu de les encourager dans la consommation imbécile.

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Ceux d'entre vous qui souhaitent être observés peuvent aller du côté du Canada. On y travaille à un nouveau projet de loi sur la criminalité qui cache dans ses subtilités de magnifiques outils d'espionnage du citoyen. Ce projet de loi sera adopté sans opposition, car le gouvernement Harper a bien pris soin de feinter les médias avec une ridicule polémique : le droit inaliénable de dresser un drapeau canadien devant sa maison. C'est pas des blagues, et ça marche !

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Si ce type de surveillance vous semble trop discrète, vous pouvez donner votre corps à la science. Des scientifiques libidineux et fatigués de perdre leur temps avec des choses moins importantes, comme le cancer, ont choisi d'étudier les rouages du plaisir féminin. C'est vrai que s'il y avait plus de plaisir féminin, y'aurait peut-être moins de cancer... Quoique, d'un autre côté, la recherche du plaisir féminin mène souvent l'homme à claquer tout son fric (voir plus haut). Peu importe ce qu'on en pense, cette avancée scientifique apporte espoir à des milliers de mâles français.

Source photo : wikipedia.


dimanche 19 septembre 2010

Éparpillé

Le problème de mon cerveau, c'est qu'il s'égare. Je pense à trop de machins en même temps. Je me pose des questions, mais je ne cherche pas souvent les réponses. Voici quelques uns de ces égarements, survenus pendant la prise de mon café dominical.


Au pays des aveugles

Ici, les Français disent que mon anglais est parfait, sans accent. Mais moi je sais que je fais des erreurs. J'échappe le « ann » de Manhattan au lieu du « enn » de Steven. Je place la tonique sur la mauvaise syllabe. Je perds l'habitude de dire le 'r' correctement : je le fais rouler comme dans les langues latines, alors que la version anglaise n'est qu'une subtile constriction guturale. Je n'arrive plus à dire « horror » comme il faut. Mais les Français ne détectent pas ces subtilités.

Je pensais à cela, et je me disais que c'est peut-être la même chose pour l'appréciation du vin. Prenons pour hypothèse que j'ai toujours bu du bon vin, mais sans jamais verser dans le grand luxe. On me donne un grand cru. Ah, c'est magnifique ! C'est parfait ! Ensuite on me donne un très grand cru. Il coûte deux fois plus cher. Mais là, je suis comme un con. Je ne comprends pas trop. C'est vrai que c'est bon, mais pourquoi deux fois plus cher ? Je n'ai pas l'habitude de ces subtilités uniques qui font sa rareté, ou sa qualité. Je ne les détecte pas.

C'est non seulement une question de degré d'expertise, mais aussi de qui évalue cette expertise. Ainsi, on me déclare à Paris expert de l'anglais.


Source photo : wikipedia.


On se connaît ?

Y'a quelques années, on basculait de « the medium is the message » vers « the brand is the message ». Avec la démocratisation d'internet et l'apparition des réseaux sociaux, nous sommes maintenant dans une période « d'auto-branding ».

Les gens font des blogs, se construisent une identité publique sur Facebook ou LinkedIn. Cette identité fabriquée est évaluée, et prise au sérieux, par un nombre croissant d'employeurs. L'habit fait le moine. Je publicise, donc je suis. La personne est une marque. Pire, celui qui n'a pas sa page personnelle est jugé rétrograde, voire suspect. À tout le moins, on a un peu l'impression qu'il n'existe pas.

Puisque tout le monde souhaite être original, mais que tout le monde est sur Facebook, j'en déduis que le summum de la branchitude, dans les prochaines années, sera l'anonymat le plus complet. Le problème, toutefois, est que la branchitude n'existe que par la comparaison (agrémentée d'un peu de mépris, pour faire classe). Or, pour comparer, il faut communiquer. Un noeud gordien qu'on tranchera par l'utilisation d'agents. La prochaine branchitude ne sera pas de s'auto-publiciser, mais plutôt de publiciser son anonymat complet à travers une tierce personne.

Vous aurez atteint l'utime branchitude lorsqu'on dira de vous au café : « Je n'ai aucune nouvelle de Bob. Je ne sais même plus s'il a déjà existé. Trop cool ! » Mais pour profiter pleinement de votre plaisir narcissique, vous devrez vous munir d'espions qui vous rapporteront les propos sur votre absence.


Mon poétique cerveau

Paraît qu'on ne reconnaît pas chaque lettre d'un mot, mais plutôt sa forme globale. Ainsi, vuos n'avez aucn prolbème à comprndre cette phrase. Mais ce qui est génial, c'est que le cerveau fait parfois de petites erreurs absolument poétiques. Comme récemment, où pendant un paragraphe complet, j'ai lu « ordures » au lieu de « dorures ». J'ai adoré. Ça faisait plein de sens. Et c'était rigolo d'imaginer des gens appliquer des ordures sur les plâtres de Versailles.


Mon 110 %

Y'a cette bonne vieille métaphore du « 110 % ». Je donne mon 110 %, je donne un peu plus, je m'investis. Mais récemment dans une pub, j'entendais un vendeur d'auto dire qu'il donnait « son 110 %, son 120 %, et même son 150 % » pour satisfaire sa clientèle. J'avais envie de lui demander pourquoi il ne donnait pas son 183,77 %, tant qu'à faire. Et comment mesure-t-on la différence entre quelqu'un qui est motivé à 110 %, et un autre qui l'est à 130 % ?

Pourrions-nous faire une pause dans l'inflation, un moment ? Personne ne donne son 110 % parce que c'est impossible. Même si tu travailles 60 heures par semaines, tu donnes juste ton 36 %. Parce que tu perds pas mal de temps à dormir, à te nettoyer l'aisselle, et à réchauffer ton Fleury Michon (Swanson, au Canada). Je comprends le sens de la métaphore, mais à partir de 111 %, elle est constituée à 150 % de connerie.


Mon dialisation

Arrive un point où la mondialisation déconne complètement. Récemment, j'achète un t-shirt blanc, le genre sous-vêtement. Un « marcel », comme ils disent ici. Évidemment, il est pas cher, de qualité médiocre, une sorte de papier-cul vestimentaire. Il a été fabriqué en Inde. Désolé, je n'achète pas mes t-shirts chez Lacrosse. C'est le même truc indien, étoffe vaguement plus épaisse, avec un petit reptile sur le téton gauche. Mais dix fois plus cher. Y'a déjà l'Indien qu'on exploite, faudrait quand même pas que j'y passe aussi...

Donc, Communauté européenne oblige, le t-shirt est fait pour être vendu un peu partout, sans altération, sous diverses appellations. Suffit de le brander aux couleurs de la boutique ou de la marque. On peut faire ça avec avec un autocollant. Ou un sachet funky. En épinglant un gros ruban fashion du genre « Lionel's super raw coton original wear 150% extreme normality ». Ou en le glissant dans une boîte family-pack de 25 t-shirts.

Bien sûr, en prévision de sa grande distribution, on a cousu au collet de mon t-shirt une liasse d'étiquettes réglementaires dans 97 langues et dialectes. « 100 % cotton / coton / algodon / cottone / baumwolle / katoen / algodao / bawelna / pamut / bumbac / bavlna / bomull / pamuk / etc., etc. » Y'a même des kanjis, deux versions cyrilliques, et ce que je crois être du persan.

Comme je n'aime pas trimballer le tome 17 de l'encyclopédie Grolier sur ma nuque, j'entreprends de retirer les étiquettes. Évidemment, je détruis complètement le collet. Trois euros à la poubelle.

Morale de cette histoire : mieux vaut acheter son t-shirt Made in India chez Lacrosse, où des ouvriers hautement spécialisés (d'où le prix de vente) brodent un petit reptile sur le téton, et peuvent ainsi légalement remplacer la liasse par une jolie étiquette Made in France en nylon imitation satin.


P.S. - pourquoi on ne fait pas des étiquettes qui fondent au premier lavage ? En amidon de maïs, ou un truc du genre ?

samedi 21 août 2010

Tout plein de toutes sortes d'affaires

C'est l'été, c'est les vacances dans ma tête.


Paris

Donc, c'est l'été, c'est les vacances. C'est le moment où Paris est agréable. Ils sont partis, tous, sur l'autoroute pendant des heures, vers le soleil. Mais paraît qu'il fait mauvais au sud. Tant pis pour eux.

Ici, le bureau est vide et tranquille. Y'a pas de réunion. Pas de panique cheftaine pour des riens; leurs chefs sont en vacances aussi. On peut bosser. Le matin sur les trottoirs, l'air est bon, la lumière belle, et l'espace libre. Y'a moins d'autos, des sièges dans le métro. Les serveurs ont presque l'air heureux de nous voir arriver en terrasse. C'est comme si on avait mis du Prozac dans le château d'eau.


Nouvelles du front alimentaire

Deux jolies découvertes pour la bouffe. Premièrement, Krishna Bhavan, un resto dans le coin de La Chapelle, le quartier indien de Paris. C'est fait maison, c'est complètement végétarien, ça ne coûte pas cher. Pis c'est parfumé et relevé. Autrement dit, ça pique. Pour expliquer aux Français, c'est cette légère sensation de brûlure que vous redoutez tant. Bon, c'est pas le meilleur indien de toute ma vie, mais c'est le mieux que j'ai pu trouver à Paris. Les critiques sur le web sont bonnes, mais c'est le joli blog d'Ann Mah qui a fini par me convaincre. Coquet site avec plusieurs belle adresses. J'y reviendrai.

Côté sandwich, j'ai aussi trouvé mon bonheur. C'est chez Cosi, dans Saint-Germain des Prés. Je me méfie de ce secteur bobo, mais là, je dois avouer que c'est bien. Ils cuisent leurs propres focaccias, chaudes et croustillantes, qu'ils garnissent copieusement. Ils ont plusieurs versions végés, avec de bons légumes frais. Pour expliquer aux Français, un légume, c'est un végétal comestible. C'est délicieux à côté des patates et de la viande, un peu en retrait de la sauce, vous devriez essayer. Et encore une fois, les prix sont démocratiques. Pas de site web (à ma connaissance), mais voici une carte pour ceux que ça intéresse.


Hacker ex machina

Je lis des polars en ce moment. J'en avais assez des roman problos, des livres d'histoire, de l'anthropo, des recettes pour devenir riche en 6 jours ou moins. Les polars, certains sont sympas, et d'autres sont franchement moches.

Mais là, est-ce que quelqu'un pourrait dire aux auteurs d'arrêter un peu avec leurs hackers ? Sur mes six dernières lectures, quatre comptaient un hacker un peu gothic, introverti, qui dépanne notre héros en lui fournissant des éléments d'enquête importants. Juste après le gros cul-de-sac investigatif, vers la moitié du bouquin, y'a l'inspecteur qui se souvient d'un cousin de la fesse gauche, un hacker avec des piercings et un appart pas propre. Et comme ça, automagiquement, le boutonneux réussit à entrer dans le Palm Pilot du beau-frère du pdg du KGB afin de relever des adresses douteuses et des transferts de fonds vers des comptes aux Bahamas. PLEAAAAASE!


Pognage de mains

Vous êtes Américain et vous croyez qu'une poignée de main vaut un contrat ? C'est pas vrai en France. Y'a qu'à voir comment elles sont distribuées gratuitement au bureau le matin.

Chaque jour, y'a une cohorte de Français qui viennent me serrer la main. Ils se succèdent pendant 20 minutes, vers dix heures. Impossible de faire quoi que ce soit d'autre que serrer des putain de mains.


Source photo : wikipedia.


Les collègues, ça va. Une manière comme une autre de se saluer. Tradition locale. Non, ceux qui m'énervent, ce sont les parfaits inconnus qui font le tour de l'étage au complet. Je les vois arriver avec leur petit air dubitatif, leur gueules incertaines de cleptomanes pris sur le fait. On sent qu'ils ont peur d'être démasqués : « Oui ! Je l'avoue ! Je suis du bois mort. Je ne fous rien de la journée. On m'a confié une mission inutile. Personne ne sait qui est mon chef. Je suis un oublié du système. Et je m'emmerde. Tout ce que j'ai trouvé à faire de mon avant-midi, c'est de serrer des mains jusqu'à 10h30. Ensuite je vais traîner au café pendant 30 minutes. Et après je prétexte une réunion pour m'éclipser. Ou je lis le site web du Figaro. Je ne peux pas démissionner : ça tuerait ma carrière ! J'ai des enfants à nourrir ! Aidez-moi ! »

Un jour je vais sauter une coche : « T'es qui toi ? Pourquoi tu veux me serrer la main ? Tu ne me connais même pas ! Tu me serres la main à tous les putain de matins et tu ne sais même pas mon nom ! Tu sers la main de la caissière du Tabac quand t'achètes tes cloppes ? Et le conducteur du RER ? Tu veux battre le record d'Obama ? Merde, une chance qu'il y a des murs, sinon tu serrerais des mains jusqu'à Cergy et faudrait lancer un avis de recherche pour te retrouver ! »


Accordéon

Brel le dit si bien dans Vesoul :

J'irai pas à Paris
D'ailleurs j`ai horreur
De tous les flons flons
De la valse musette
Et de l`accordéon

Y'a pas un Bureau de Contrôle de la Faune Accordéoniste (BCFA) à Paris ? Il y a tellement de joueurs d'accordéon dans cette ville, j'ai l'impression qu'une campagne de stérilisation serait nécessaire.

Pas moyen de faire un appel sur son portable dans le métro. Dès que tu commences à faire le numéro, ça démarre : « Naaaaaan, rien de rieeeeeen. Naaaaaaaan, je ne regrette rieeeen. » C'est ça, ou une version massacrée de Girl from Ipanema. Tu bouffes dans un resto pakistanais, pénard, et le voilà qui arrive avec son soufflet tornitruant pour te faire un tango infernal avec son sourire de celeri fané. Parfois, ils débarquent à trois, comme un commando de la mort. Ceux-là, ils t'envoient ton tympa saignant par la poste avec une demande de rançon : « 50 centimes, ou nous exécutons l'autre avec notre interprétation cataclysmique de Nouillorque, Nouillorque ! »





P.S. - Vous remarquerez le petit ménagement des sensibilités dans la vidéo : Le voyage est fini au lieu du J'irai pas à Paris de l'original. Ed Sullivan, sors de ce corps.

vendredi 28 mai 2010

Nouvelles du bout d'Ubuntu



Je vous ecris depuis un cd-rom d'Ubuntu, version d'essai. Je n'ai meme pas les accents!

Pourquoi pas de nouvelles depuis un moment ? C'est que mon ordi a un tas de gros virus. En fait, je crois que Windows XP, c'est mort pour moi. Apres plusieurs tentatives de reparation, je crois que c'est la fin.

Source photo : wikipedia.


J'ai attrape mes cochonneries sur des sites bizarres en essayant de regarder gratuitement un match de la serie Montreal - Washington. Comme quoi on peut sortir le Canadien du Canada, mais on ne sort jamais le Canada du Canadien.

J'aurais du repare tout ca plus rapidement, mais j'ai eu tout plein de visiteurs avec qui j'etais occupe a voyager. Ainsi va la vie. A bientot !


samedi 6 février 2010

Jésus et Beaulieu



Je dois avoir 9 ou 10 ans. Cinquième année du primaire. La prof nous fait ouvrir nos cahiers de catéchèse sur une grand page blanche où c’est écrit : « Dessine une belle croix ». Tout artiste étant grand plagiaire, j’ouvre alors mon Larousse, dans lequel se trouve une illustration qui recense divers types de croix. Je choisis la tréflée. La moitié de la classe m’imite et se choisit un motif dans le dictionnaire. Rapidement, tout le monde est penché sur son œuvre religieuse. Il règne un silence à faire jouir un bibliothécaire. On n’entend que le frottement des crayons Prismacolor sur le papier bon marché. Ça dure un moment.

Et puis soudainement : « Oh mon Dieu ! » Je me retourne, juste à temps pour voir la prof remonter du fond de la classe. Elle traîne derrière elle Beaulieu, qui lui traîne son cahier. À demi coloriée sur la grand page blanche, un belle grosse svastika bien dodue. Deux secondes plus tard, la prof, Beaulieu, et son cahier ont disparu. Il ne reste que vingt gamins qui fixent perplexes une porte de classe laissée ouverte.

J’ai toujours trouvé injuste que Beaulieu se fasse engueuler par le directeur pour une croix gammée. Il n’était pas méchant, Beaulieu. Juste un peu étourdi. Il avait dû choisir cette croix parmi les autres parce qu’elle lui rappelait un truc quelconque : une image dans un vieux film de guerre, ou une photo d’un monsieur important avec une casquette et une petite moustache, dans l’encyclopédie. À Baie-Comeau, on est très loin de la 2e Guerre. La ville a été fondée en 1937, entre la forêt vierge et le Saint-Laurent. Pas de cénotaphe, pas de cimetière, pas d’édifice endommagé, pas de grand-père qui radote ses années sous l’Occupation. Ce qui vient à l’esprit quand on mentionne le 11 novembre, c’est que les banques sont fermées.

Source photo : wikipedia.


Beaulieu avait rejoint le groupe quelques semaines après le début de l’année. Il bégayait, il était timide, et il ne sentait pas bon. On l’avait mis à l’arrière de la classe. Il s’est tout de suite fait une réputation de cancre en pissant dans son pantalon au milieu d’un cours, quelques jours à peine après son arrivée. Cette fois, le silence avait été troublé par deux fillettes. Elles s’étaient mises à hurler « YAAAAAAAAAAARRK ! » en pointant une rigole de pisse qui avançait lentement entre les pupitres.

Je me souviens de la prof un peu découragée : « Mais pourquoi t’as pas demandé pour aller aux toilettes ? » Et Beaulieu qui fixe son pupitre, la tête dans les mains. Il hésite. Tous les yeux sont sur lui et il le sait. Le silence est total. La prof attend une réponse. Il bégaye doucement : « Jjjj… jjjj… j’tais… j’étais… » Et puis ce qu’il essaie de dire sort enfin, d’un seul jet étranglé : « J’tais trop gêné ! » Et éclate alors le pandémonium scolaire ultime. Une vingtaine de gamins qui gueulent et qui rient, qui tapent sur leurs bureaux, la prof qui perd le contrôle et qui devient hystérique, et Beaulieu qui en rajoute en frappant sa tête sur son pupitre. La classe avait trouvé son sous doué; l’année scolaire pouvait officiellement commencer.

J’ai été copain pendant un moment avec Beaulieu. Pas que j’étais plus gentil que les autres. Au primaire, y’a pas vraiment de clique. On ne souffre pas encore d’ambition. Y’a ceux qui savent additionner, et ceux pour qui c’est plus difficile. Mais ce n’est pas vraiment un critère de discrimination. Et quand vient l’heure de la récré, tout le monde essaie d’être le roi de la montagne de neige. À ça, Beaulieu était aussi doué que les autres.

Notre courte amitié était née d’une passion commune pour Rahan, un Tarzan préhistorique qui affrontait mensuellement tigres et mammouths dans le Pif Gadget. Je me souviens que Beaulieu pensait d’une manière différente. Il avait quelque chose de l’artiste dans son esprit. On peut se servir d’un ballon de soccer pour représenter la lune. Beaulieu, lui, était du genre à se servir de la lune comme ballon de soccer. En plus, il bricolait bien.

Il habitait dans une sorte de mini HLM, pas trop loin de chez moi. Je ne me souviens pas d’avoir déjà vu ses parents. Je crois qu’il avait une sœur, que je n’ai jamais vue non plus. Je ne sais pas si elle était plus vieille ou plus jeune. On passait notre temps à jouer dehors. Ça a duré trois ou quatre mois. Puis l’un de nous a changé d’ami, comme on change de jeu. Il y a quelques années à Barcelone, je suis resté un moment fasciné par un groupe d’enfants qui jouaient en simultané deux parties de foot sur la même place. Les deux terrains imaginaires étaient superposés perpendiculairement, et les gamins alternaient d’une équipe à l’autre, à leur convenance. Les enfants sont comme ça : ils ne tiennent pas de score. Alors Beaulieu et moi, à un moment, on s’est perdus de vue le plus naturellement du monde.

Cette année là, y’a aussi Jésus que j’ai perdu de vue. Une partie de moi qui est devenue critique. Ça c’est manifesté par un sentiment d’injustice, à diverses occasions. Quand Beaulieu s’est fait engueuler pour avoir choisi dans sa grande naïveté d’enfant, mais surtout pour des raisons esthétiques personnelles, ce qui s’avérait être une svastika. Mais aussi quand la prof nous a raconté la parabole de l’enfant prodigue. Dans mon esprit de petit Nord-Américain, voir le fainéant être récompensé, ça me faisait chier. J’ai senti la colère de l’autre fils, le bosseur fidèle. Et je la sens encore aujourd’hui. Je n’ai peut-être pas la fibre socialiste.

Je crois que le fusible de ma foi catholique a vraiment sauté le jour où notre prof nous a rapporté ce bout de l’évangile selon Saint-Marc : « Il est plus facile pour un chameau de passer par le chas d'une aiguille que pour un riche d'entrer au royaume des cieux ». Je ne sais pas si je suis parano, mais j’ai eu l’impression qu’elle me fixait en lisant le texte. C’était connu dans le quartier que ma famille vivait confortablement. Pas les Rockfeller, mais quand même bien. Genre, petite entreprise correctement profitable. Pas assez pour une Cadillac, mais assez pour une Buick Park Avenue. Moi, j’avais l’impression que nous étions riches. Alors avec sa parabole du jeune homme riche, non seulement la prof me coinçait ma culpabilité judéo-chrétienne dans le cul, mais elle m’annonçait que je n’avais pas droit au Royaume des Cieux. J’ai osé une question : « Oui mais, madame, le jeune homme, c’est pas sa faute s’il est riche. S’il n’a pas de péchés et qu’il fait le bien, pourquoi c’est plus difficile pour lui que pour les autres ? » J’ai eu droit à un jugement sans appel : « Parce qu’il est riche ». J’étais dévasté. Même un marmot sait qu’il est littéralement impossible de faire passer un chameau par le chas d’une aiguille. C’est sans espoir.

Bon, plus tard j’ai entendu parler de problèmes dans la traduction. Du texte Grec, on aurait lu kamelos (chameau) au lieu de kamilos (câble). D’autres disent que les chas d’aiguille désignaient ces petits passages au bas des murailles, conçus pour limiter le risque d’invasion. Mais, il semble que les profs de l’époque n’étaient pas au fait de ces hypothèses. C’est donc sans remord, et peut-être avec un brin de sadisme, qu’ils condamnaient leurs élèves aisés aux flammes de la géhenne. Tout ça en nous parlant de bonté, de charité, et de miséricorde ! Moi, j’ai décroché.

Je ne sais pas ce que Beaulieu est devenu. Avant la fin de l’année, sa famille a déménagé. Je ne l’ai plus jamais revu. Je ne sais pas non plus ce que Jésus est devenu, d’ailleurs.


mardi 20 octobre 2009

Merci Mesdames




Mon blog est une excellente source de vitamine Grognon, oligo-élément essentiel au bon développement de votre nerf du rouspétage, organe vital d’une saine démocratie. Mais toute alimentation cérébrale doit aussi compter sur un régime équilibré. Je vous recommande donc de vous abreuver aux propos de trois femmes magnifiques.

Même si elle partage mon quotidien parisien, Miss K à Paris vous offrira un autre regard sur la ville lumière. Ce qu’elle sait faire, quand elle se laisse aller, c’est de transformer le monotone en éclat de rire. Je ne veux pas trop vendre le scoop, mais elle devrait partager prochainement avec vous une séance-photo absolument délirante. Miss K, c’est la vitamine Joie. C’est la belle émotion, pure et bio, puisée à la source en direct du cœur. Merci Karine d’avoir fait d’un de mes dimanches tristounets une véritable partie de plaisir, avec ta spontanéité et ta douce délinquance.

Une autre belle dame, c’est Marie-Julie de Taxi-brousse. Bien plus qu’une globetrotteuse, Mariju (pour les intimes) est aussi une curieuse qui déborde d’enthousiasme pour tout, tout, et tout. Elle écrit, elle publie, elle voyage, elle fait la maman, elle bouge tout le temps, et elle ne dort pas assez. Une sorte de luciole sur le 200 watts, quoi. Son blog est une mine d’or d’infos pratiques. Elle est une de mes vitamines Énergie.

Pour la vitamine Philosophie, allez chez mon amie « Noèse Cogite ». Dans la vie, Noèse est une sorte de croisement entre un feu-follet et un docteur des âmes. Dans ses écrits, elle révèle son regard d’une grande humanité. Un regard qui se pose pour faire le point sur les nuances. Mi-prose, mi-poésie, elle offre à nu le fil de sa pensée.

Tant qu’à faire, j’aimerais aussi dire merci à ma maman, que je n’appelle pas assez souvent. Et merci à vous les autres femmes, qui trouvez toujours moyen de me charmer. Rappelez-vous bien que, lorsqu’un homme vous observe, il voit d’abord le soleil sur l’Atlantique, la cime des Andes, ou la majesté d’une plaine andalouse. Laissez-lui sa béatitude.


mercredi 15 avril 2009

Sèche!



Toilettes publiques, petit pipi, lavage de main, la routine habituelle. Puis arrive le moment où on doit se sécher les mains. Moment détesté pour sa représentation par métaphore éolienne du concept d’inefficacité.

La plupart du temps en Amérique, on a affaire au gros séchoir à main classique. Le vieux truc blanc streamliné des années 30, presque Art Déco, avec son gros bouton en stainless steel toujours dégoûtant (dans les deux sens du terme). Il souffle mollement et chauffe trop.



Ces dernières années sont apparues des versions avec détecteur de mouvement. Moi, je sais pas pourquoi, mais ça fonctionne pas toujours. Je secoue mes mains comme un con devant l’appareil qui reste aphone. Il me nargue, fait semblant que je suis transparent. Ou il démarre au moment où je me suis finalement résolu à m’essuyer sur mon pantalon.

Est aussi apparu un modèle qui envoie un super jet d’air méga-puissant et canalisé. Pas plus efficace. Il te sèche les mains par sections de 1 centimètre carré. Au lieu de te laisser avec une humidité générale, il te laisse avec des alternances de mouillé et de sec. Donc tu finis le travail sur ton pantalon. Retour à la case zéro. Le seul intérêt de cet appareil, c’est de voir la peau de mes mains être déformée par le jet, ce qui me rappelle toujours la face de Roger Moore (James Bond) dans Moonraker, à un moment où il est soumis à des forces G supposées l’anéantir à tout jamais.

En France, les séchoirs à mains sont souvent plus petits, en plastique, et surtout complètement anémiques. Récemment, j’étais devant un appareil qui m’envoyait une brise d’agonie, un jet tellement faible, que j’ai failli l’aider en me soufflant sur les mains : « Ok séchoir, je te laisse la main droite et je m’occupe de la main gauche. Pfff, pfff, pfff. Lâche pas, on va l’avoir toi et moi ensemble ! »

Mais les Français ne sont pas trop séchoir. Non. Eux, leur truc, c’est l’essuie-mains textile. C’est un distributeur qui déroule un gros rouleau de tissu communautaire. Je sais pas si vous connaissez? Au Québec, on en voit parfois, fossilisés dans le coin d’une toilette de taverne. Abandonnés, rouillés, ou recouverts de deux couches de peinture, ils sont inutilisés depuis 1953 parce que plus personne ne distribue les rouleaux de tissu. Les Français, eux, sont restés fidèles à cette technologie. La mécanique de base n’a pas évolué, mais les distributeurs ont maintenant des couleurs de Apple I-Mac.



L’essuie-mains textile, j’aime plus ou moins. C’est toujours un peu dégueulasse d’avoir à tirer sur le bout de tissu mouillé par un autre. Que voulez-vous, je suis Américain alors j’ai une phobie profonde de mon prochain et de ses germes. A-t-il bien lavé ses mains? Selon cet article qui cite l’Unicef, le simple fait de se laver les mains avec du savon pourrait sauver un million d’enfants chaque année. Combien de morts à cause du torchon commun des toilettes de mon bureau, contaminé par des mains mal lavées? Je ne veux pas devenir une statistique. Surtout quand arrive la fin du rouleau et que tout le monde s’essuie sur le même coin de tissu grisâtre. Non! Je préfère me sécher en courant dans le corridor, les mains dans les airs, au risque de provoquer un mouvement de panique. Mieux vaut mourir piétiné.

Mais il y a de l’espoir. Un nouveau concept. On a repensé le truc complètement. C’est le Dyson Air Blade. J’ai vu mon premier à Londres il y a quelques semaines. Puis un deuxième exemplaire au Musée du Quai Branly, et un troisième au BHV. Vraiment efficace. Séchage en dix secondes, tel que promis, sans brûler la peau. Zéro contact, à moins d’avoir trop bu. Je crois qu’on verra une multiplication de ces appareils (à moins qu’un défaut de conception ou une faible durabilité apparaisse à l’usage). Je vous laisse aller voir ça. Une démo ici sur YouTube. Et ici le site internet de la compagnie.


dimanche 18 janvier 2009

Puisqu’il le faut bien



Depuis un moment, j’ai un peu de difficulté à alimenter ce blog. C’est bien beau la France, et je sais que les Français adorent entendre parler d’eux-mêmes, mais je suis un peu à sec. La routine commence à s’installer. Dans mon esprit, ce pays glisse vers une sorte de normalité. Je m’habitue tranquillement à voir les Français préserver certaines zones patrimoniales de profonde non-productivité. Je m’habitue à boire du bon vin pas cher. Et aussi à manger de la vraie nourriture préparée pour des êtres humains.

Des amis expatriés m’avaient parlé ce phénomène. Il vient un temps où on est fatigué de tout observer à travers la lorgnette de la comparaison. Je n’ai plus envie « d’étudier » la France. Les musées de la révolution, les Versailles et les statues équestres m’intéressent un peu moins. J’ai de plus en plus envie de regarder passer les trains en bouffant de l’herbe. Assister à des conférences sur la théorie des cordes, pour un jour arriver à comprendre ce truc. Aller voir des spectacles. Sortir avec les copains. Lire un livre au parc. Faire des mots croisés.

Je ne peux quand même pas parler de fromages et de fonctionnaires pendant les douze prochains mois. De toutes manières, mon opinion est maintenant figée : le fromage est bon et le fonctionnaire est con. Alors je n’ai pas envie de perpétuellement ressasser les mêmes trucs. Je ne sais pas quelle direction va prendre ce blogue. Je vais essayer de vous livrer mes surprises et déceptions, mais dans une direction plus large. Je vais essayer d’écrire des choses qui pourront vous intéresser. Si je tombe dans la liste d’épicerie, dans le quotidien banal, avertissez-moi. Il sera temps d’arrêter. Aujourd’hui, je solde certains sujets qui traînent depuis un moment.

Ticket-resto
Au pays de la carte à puce et des prélèvements bancaires mensuels automatisés persiste un système absolument byzantin, qui rend dingues les restaurateurs : le ticket-resto. Ce produit est un avantage social qu’offrent bon nombre de sociétés. À chaque mois, elles remettent à leurs travailleurs un petit carnet de chèques pour les aider à payer leurs repas du midi. Sympa.

Là où ça se complique, parce qu’on aime bien faire archi-compliqué de temps en temps, c’est qu’il y a plusieurs marques de ticket-resto. Et les petits chèques n’ont jamais un montant « rond ». Un patron décide qu’il donne 4.13 euros à ses employés. L’autre donne 5.39 euros. Lorsqu’on paie, il faut compléter avec de l’argent liquide. Un peu comme pour les cartes de crédit, les restaurateurs n’acceptent pas toutes les marques de ticket-resto. Et certains restaurateurs ne les acceptent pas en soirée.

Un serveur m’expliquait comment toute cette paperasse est gérée à la fin du mois. Il faut d’abord trier les tickets-resto de chacune des marques. Ensuite, à l’intérieur d’une même marque, il faut les regrouper par dénomination : une pile de 4.13 euros, une pile de 4.22 euros, une pile de 5.73 euros, etc. Ça fait beaucoup de petites piles. Ensuite, pour chaque pile, il faut produire un petit document de réclamation. Après, il faut se rendre en personne à l’un des six bureaux parisien d’une marque donnée de ticket-resto pour déposer ses réclamations et recevoir son paiement. Temps moyen d’attente : deux heures. Il y a au moins six marques de ticket-resto différentes, dont trois sont couramment acceptées. Si on compte le temps passé dans les embouteillages, un restaurateur perd mensuellement de huit à douze heure de temps de travail dans ce processus.

En l’an 3000, peut-être que la technologie sera assez avancée pour permettre d’émettre à l’employé une sorte de carte bancaire ticket-resto. Cette carte sera rechargée à tous les mois. Fin de la paperasse. En l’an 3000, il y aura peut-être une sorte de réseau de fils qui permettra les transactions bancaires électroniques. Une sorte de fil sur lequel passera l’information. Un peu comme le téléphone. Pour ceux d’entre vous qui ne connaissent pas le téléphone, c’est un appareil qui permet de parler à distance. C’est génial. On parle dans l’appareil, et la voix est convertie en signal électrique qui circule sur un fil de métal. On aime bien le cuivre, parce ça conduit bien l’électricité. Au bout du fil, un autre appareil transforme les signaux en son. Plus le fil est long, plus on parle loin. Ça fait rêver, non? Ceux d’entre vous qui ne savent pas ce que c’est l’électricité, allez voir sur Wikipedia, il y a une explication.

D’ici là, les sociétés émettrices de ticket-restos songent à mettre en place d’autres mesures visant à améliorer le système. Entre autres, il deviendrait obligatoire de faire ses réclamations sur des tablettes d’argile. Il est aussi question de convertir les diverses dénominations en chiffres romains. Et les sommes seraient exprimées en sesterces.

Source photo : wikipedia.


Au Grand Palais

Récemment, le Grand Palais m’a fait découvrir de belles choses. Premièrement, j’ai découvert avec joie que je déteste le peintre Emil Nolde. Figure importante de l’expressionisme allemand, il a peint de belles grosses bouses sans éclat, enfants bâtards de Gauguin et Van Gogh, exécutées avec la main d’un paralytique. Une naïveté forcée, beaucoup de croûte. S’il vivait aujourd’hui, il ferait sans doute partie de ce groupe d’artistes très sérieux qui enduisent leurs toiles de caca humain.

Heureusement, et aussi pour deux fois moins cher, le Grand Palais m’a offert « 6 milliards d’Autres ». C’est un projet de Yann Arthus-Bertrand (vous avez tous vu les photos « La terre vue du ciel »). Il s’agit de 5000 portraits vidéo tournés dans 75 pays. Des humains qui répondent à des questions simples, comme « Quel rêve avez-vous abandonné », « Qu'avez-vous appris de vos parents », et « Que représente pour vous l'amour ».

Il faut dire que cette expo partait de loin en ce qui me concerne. Elle est présentée dans un Grand Palais glacial ; le lieu n’est pas chauffé pendant la durée de l’événement pour faire écolo. C’est une espèce de village de yourtes, dans lesquelles les visiteurs se rassemblent pour regarder sur des écrans plasma des témoignages de gens pas beaux et sans maquillage. J’aime pas trop le mouvement « environnementalo-socialo-gaugauche ». Je le trouve trop moralisateur, parfois sectaire, et souvent obnubilé par une conception romantique du Bon Sauvage. Mais bon, j’avais payé et il y avait foule à l’expo Picasso.

De yourte en yourte, j’ai fini par me laisser prendre au jeu. Et j’ai fini par rire, et aussi presque pleurer (je suis un mec, quand même). D’ailleurs, une des questions était « Quand avez-vous pleuré pour la dernière fois ». Je me suis souvenu de ma dernière fois, quand j’ai quitté le Canada. Je me trouvais tellement stupide de partir loin de ceux que j’aime. Je le pense encore, même si la France est un joli pays. Même si c’est kétaine, Beau Dommage à raison : quitter ceux qu’on aime pour aller faire tourner des ballons sur son nez, c’est stupide. Point barre. Donc, à cette question un américain répondait qu’il avait pleuré à la mort de son chien. Opposé à son témoignage, un Africain disait qu’il avait pleuré à la mort de sa vache. Bon montage. Je ne sais pas si on avait voulu encore une fois me faire la morale avec « pays riche / pays pauvre », mais je m’en foutais. Je comprenais qu’on puisse s’attacher profondément à un animal de compagnie, même si c’est un ignoble chihuahua. Et je comprenais qu’on puisse lier une vraie amitié avec un animal de subsistance, en l’occurrence une vache presque neurasthénique. Pour combattre la solitude. Ou par gratitude dans la survie. Peu importe la raison.

Cette expo m’a rappelé pourquoi j’aime l’ordinaire de la vie, loin des paillettes et des osties de iPods dont on me gave. Je suis fatigué du cynisme, même s’il permet les meilleures blagues. Le cynisme, c’est franchement passé date. C’est drôle pour badiner et rigoler un peu, mais le cynisme blasé comme mode de vie, ça pue. Et je suis épuisé de la branchitude. Je me torche avec les cocktails dinatoires, les Blackberries, les tapas, etc. Moi, je veux être désespérément « out ». Pas rétro-cool, mais complètement « out ». Platte. Ordinaire. Je veux porter les vêtements d’il y a deux ans, pas encore assez vieux pour redevenir intéressants. Je veux m’en crisser. Je veux être une statistique. Dans l’anonymat, la liberté. Et j’espère que c’est « out » de vouloir être « out ». Alors à cette expo ça m’a fait du bien de voir du vrai monde parler de choses simples. Des gens qui veulent être enterrés dans leur pays natal. Des gens qui ont fait la guerre et qui ont réussi à réparer leur vie.

Les témoignages sont disponibles en ligne sur http://www.6milliardsdautres.org. Le site n’est pas totalement à la hauteur de l’expo. Mais allez dans les « témoignages 6ma », et cherchez par thème. N’oubliez pas de prendre des témoignages sous-titrés en français ou en anglais, parce que le roumain, ce n’est pas à portée de tous. Essayez « épreuves /mort » pour le fun. Écoutez. Vous allez vous sentir très humain. Il y a des courants de fond qui nous unissent beaucoup plus que la « génération Pepsi » ou le café Starbucks.

Arnaque marketing

Je crois qu’une des plus grandes arnaques du marketing depuis la création de l’univers est le yogourt avec les fruits au fond. Pourquoi les fruits au fond? Quelle valeur cela peut-il avoir pour le consommateur? Je comprends que l’industriel veuille sauver une étape de production, ne pas avoir à mélanger les fruits et le yogourt. Je comprends que la ligne de production soit plus efficace, qu’on ait seulement à remplacer la citerne de framboises par une citerne d’ananas. Un simple aiguillage de tuyaux.

Mais pourquoi l’inscrire sur le petit pot, comme si c’était une révolution dans le monde yogourt? Pourquoi essayer de nous faire croire que c’est vraiment plus cool quand les fruits ne sont pas mélangés? Pourquoi ils ne ferment pas leur gueule, tout simplement, au lieu de me prendre pour un idiot? Je m’en fous copieusement d’avoir ou non à mélanger moi-même les fruits et le yogourt. Ça prend trois secondes. Publicitaire, ferme ta gueule et ne me prend pas pour un con. Au moins, ment-moi un peu en me disant que tu me refiles l’économie de coûts de production en baissant le prix de vente. Je n’ai pas les moyens de vérifier, alors je vais te laisser le bénéfice du doute. Comme tout citoyen, le publicitaire est non coupable jusqu’à preuve du contraire, non? (Ha, ha, ha, et moi qui dit être fatigué du cynisme, quel mauvais menteur je fais…)