mercredi 21 mars 2012

Paris... contaminé !

Elle est jolie, ténébreuse, avec une gueule d'actrice. Elle fait un peu Piaf, un peu Simone Signoret, un peu Jeanne Moreau. Avec sa cloppe et son béret, elle est la Française libre, l'indépendante, la résistante. Mais attention, elle a une Syphilis !


Source image : MentalFloss.


Et celle-ci, la splendide petite catho, avec ses yeux d'ange et ses bonnes manières. Quelle joie de l'avoir à votre cou. Mais gare à vous, elle vous filera la gonorrhée !


Source image : MentalFloss.


J'ai repêché ces vieilles affiches sur MentalFloss. Elles étaient destinées au soldats américains en Europe, lors de la deuxième guerre mondiale. Faut croire qu'en publicité et en propagande, on préfère toujours se rabattre sur un bon vieux stéréotype.

mardi 20 mars 2012

Alcools

Le titre de cet article dit tout : les mouches drosophiles qui sont privées de sexe tombent dans l'alcoolisme. Pas grand chose à ajouter... Les gens qui boivent le font parce qu'ils ne baisent pas.


Source photo : wikipedia.


Boire augmente vos chances de baiser. Plus vous buvez, plus les gens autour de vous sont beaux. En plus, on le savait déjà au temps de Shakespeare, l'alcool attise le désir.

Il aussi est prouvé que les gens en couple baisent plus que les célibataires. Donc les gens en couple n'ont pas besoin de boire. Ce qui explique pourquoi vos amis deviennent soudainement ennuyants lorsqu'ils trouvent la perle rare sur Meetic.

Évidemment, à trop être célibataire, on court le risque de devenir alcoolique... Mais, lueur d'espoir de ce côté aussi. Selon une autre étude, le LSD serait susceptible d'aider dans le traitement de cette maladie. Mais bon, ce remède est peut-être pire que le mal. Surtout qu'un de mes amis, amateur de cet hallucinogène, m'a raconté avoir déjà subi une violente attaque de priapisme suite à l'ingestion d'une dose. Retour à la case départ...

jeudi 15 mars 2012

Les riches

Selon ce que rapporte l'Express, une étude aurait démontré que les riches sont moins sympas que les pauvres. Un certain nombre de tests de psychologie interrelationnelle menés sur des groupes pointeraient vers un lien entre le statut social élevé et la propension à mentir, tricher, profiter, et abuser du bien commun.

Bon, je prends toujours ces études avec un grain de sel. Mais celle-ci m'aide à mieux comprendre les Parisiens. S'ils sont si ignobles, c'est simplement qu'ils veulent booster leur statut social. Un costard bien coupé, des chaussures cirées, et surtout une attitude de merde sont primordiales à la survie, dans une ville où tout est fondé sur l'apparence. Darwinisme à la parisienne.


La justice

Heureusement, l'humoriste qui nous sert d'Être Supérieur a trouvé le moyen d'assurer un peu de justice en ce bas monde. Pour arriver à ses fins, il exploite notre vanité. Personne ne supporte l'idée de vieillir. Les pauvres finissent par l'accepter. Mais les riches, qui ont des moyens, se lancent comme Don Quichotte dans un combat futile contre l'âge. Avec des résultats qui souvent réjouissent mon cynisme revanchard. Constatez-le par vous même lors d'un petit week-end à Cannes, capitale mondiale du trio Rolls-Royce-Rhytidectomie.


Joan Rivers, 78 années de stretching, sur wikipedia.


Intox

Oui, il est vraiment juste notre Créateur. Plus on est riche, plus on peut se permettre de manger au resto. Or, il appert que plus on mange au resto, plus on est malade. Vu les contorsions faciales qu'entraîne une bonne intox, je présume que les riches souffrent plus que les pauvres.


Vous en rêvez

Bon, si tout ça ne vous a pas enlevé l'envie de devenir riche, vous pouvez toujours vous rendre à Prague afin de recevoir une formation essentielle. On y offre le "CorruptTour", une collection de circuits commentés dont la thématique est la corruption. Somptueuse villa d'un lobbyiste, téléphérique inutile, tunnel routier au coût vertigineux, tout y est pour vous inspirer votre prochaine affaire juteuse.


Et pour les pauvres

Évidemment, vous avez fait l'erreur de choisir curriculum universitaire de merde menant à un métier ennuyant, peu valorisé, et mal payé. Les plombiers se paient votre tête et celle de vos dettes. Mais tout n'est pas perdu ; vous pouvez encore vous distraire à établir des corrélations faciles basées sur les disparités économiques. C'est d'ailleurs ce qu'ont fait deux sociologues, un Canadien et un Américain, pour nous révéler que la dépression est influencée par le niveau d'études des parents.

Vous êtes paresseux, et vous n'avez pas envie de vous taper 10 ans de recherches. Alors je vous donne un raccourci : pensez à deux trucs qui distinguent les riches des pauvres, et corrélez. Des exemples :
  • Partager un deux-pièces avec 10 personnes encourage l'achat de vêtements bon marché.
  • Avoir comme seul repas un bol de riz blanc matin, midi, et soir limite l'avancement professionnel.
  • Les propriétaires de piscines creusées subissent moins d'aggressions violentes que les locataires de taudis.
  • Gagner 5 millions à la loterie triple les chances de subir une chirurgie au visage.

Ça peut vous sembler futile comme exercice. Mais une personne avec un bon pif aura compris qu'on peut se faire un tas de fric en vendant une "étude" dont la conclusion ressemblerait à ceci :
  • Les gens qui portent des polos Lacoste ont accès à de meilleurs traitements médicaux.

Mais vous êtes pauvre. Ceci explique cela.

mercredi 14 mars 2012

Paris fait régime

"Dis-moi ce que tu manges", selon le dicton. Dans le cas des Français, on pourrait aussi y aller d'un "dis-moi ce que tu bois"... Si vous organisez vos voyages en fonction de votre gourmandise, je vous suggère très fortement la lecture de cet article. Il pointe vers une carte de France où sont listés, par région, les dix produits alimentaires les plus surconsommés par les Français.

Le tout est basé sur une étude de Nielsen. On y parle de "surconsommation par région" en référence à la moyenne nationale. Ainsi, on y dit que les habitants du Rhône consomment 42% plus de concentré de tomate que le reste des Français. Donc, si le Français moyen mange 100 millilitres de concentré, l'habitant du Rhône en avalera 142 millilitres. Autre exemple, dans la Saône-et-Loire, où on déguste 107% plus d'escargots et de grenouilles surgelés que dans le reste de la France. Ce qui revient à dire qu'on y mange deux fois plus de batraciens qu'ailleurs au pays.

Et pourquoi ça vous aiderait dans la planification d'un voyage ? Très simple, suffit d'interpréter un peu les données. Dans le Gers, on mange quatre fois plus de féculents que la moyenne. Donc apportez votre pince-nez. Pour des vacances alcoolisées, choisissez le Cantal, où il se boit 12 fois plus de gentiane. Et la région du Calvados fait honneur à son alcool homonyme, avec une consommation dépassant de 6 fois la moyenne nationale. Le coin de l'Alsace n'est pas en reste : dans le Bas-Rhin, on avale 13 fois plus d'amer brun qu'ailleurs. L'amer brun, c'est du Picon. Ça se dilue dans de la bière...

Si vous privilégiez l'attaque cardiaque à la cirrhose, plusieurs régions de France ont ce qu'il vous faut. Dans la Sarthe, vous pourrez manger 5,5 fois plus de rillettes. Pour ceux qui ont la dent sucrée, on avale 3,5 fois plus de pain d'épice dans la Côte-d'Or. Et si vous rêvez de malbouffe, je vous recommande le Pas-de-Calais, où on dévore 4 fois plus de viande en conserve et 3 fois plus de graisse pour friture. Pour sa part, le célibataire noctambule évitera la ceinture ouest de Paris (Seine-Saint-Denis, Seine-et-Marne), où on remarque une forte surconsommation d'aliments infantiles (lire "banlieue pavillonnaire pour nouvelles familles").


Agapes parisiennes, sur wikipedia.


La carte me conforte aussi dans une de mes croyances les plus tenaces : on mange mal à Paris. À ce propos, les gens refusent souvent de me croire. Quand je parle de restos dégueulasses et de réputation surfaite, les Parigots patriotes veulent me lapider. Or, que surconsomme-t-on dans la Métropole, selon l'étude ? Dans ce ordre :
  • Boissons aux fruits
  • Soupes
  • Lait frais
  • Jus de légumes
  • Salade et crudités préparées
  • Tequila
  • Produits diététiques
  • Thé
  • Pâtes fraîches
  • Gin

Vous appelez ça de la gatronomie, vous ? Moi j'appelle ça "picoler aux cocktails le samedi soir, et faire régime le reste de la semaine". Paris n'est pas une ville de bonne chère. C'est une ville de mannequins cocaïnés. On y consacre la moitié de son budget à se loger, et l'autre moitié à acheter des t-shirts pseudo-usés chez The Kooples ou Zadig et Voltaire. À Paris, les gourmands subissent l'opprobre. À Paris, s'il reste un peu de fric, on se paie des pâtes. Sinon c'est café-cloppe.

mardi 13 mars 2012

Petits morveux

Selon une étude conduite à l'Université de Leeds, et rapportée par Atlantico, 87% des femmes émettraient des bruits de satisfaction pour "booster l'amour propre de leur partenaire" et 66% pour "accélérer" la conclusion de leur petite affaire.

Merci mesdames. C'est très attentionné de votre part. Mais c'est contre-productif. Parce que bon nombre d'hommes sont, eux aussi, attentionnés. Si ma copine se montre particulièrement enthousiaste un soir donné, le premier truc qui me passe par la tête est ceci : "Pour une fois qu'elle prend son pied, je vais me retenir afin qu'elle en ait pour son argent."

Alors peut-être faudrait-il privilégier un protocole moins théâtral, du genre : "Allez, zou ! Tu me fais ça en trois petits coups !" Ça donnerait à tout le monde le temps de finir son chapitre de Guerre et Paix, ou d'écrire des pitreries sur un blog.


Source photo : wikipedia.


En plus, faire l'amour, c'est risqué. Les résultats indésirables de cet acte sont manifestes, et ce jusqu'au sommet de l'État français, en la personne de Louis Sarkozy, fils du président actuel. Ces temps-ci, le charmant gamin s'amuse à lancer des tomates et des billes au visage des policiers assignés à la sécurité de papa. Bon, c'est vrai qu'on doit se préparer à tout avec les chenapans d'âge préscolaire. Mais Louis a quand même 15 ans. Il serait peut-être temps pour lui de lâcher les billes. Ou du moins, de commencer à jouer avec celles qui bientôt l'aideront à obtenir ses 13% de roucoulements véritables.

Notez que la gauche n'est pas moins bien servie en matière de fils-à-papa ingrat. Le candidat socialiste François Hollande est à demi-mots désavoué par son propre fils, Thomas Hollande. Selon Atlantico, ce dernier aurait déclaré au quotidien le Parisien que le chef du Parti Socialiste "n’a pas encore réussi à établir un pont avec les quartiers populaires, contrairement à 2007 avec Ségolène Royal". Il affirme aussi ne pas noter la "même ferveur qu'il y a 5 ans", quand c'était maman Ségo qui se présentait. Pour ceux qui ne le savent pas encore, Thomas est le fruit d'un accouplement entre le ténor et la diva du PS. Bravo Thomas, tu as bien appris ton Oedipe. Mais aurais-tu oublié de réviser ton Médée ?

mercredi 29 février 2012

L'oubli

Le Parlement français a adopté un loi faisant du 11 novembre une journée "en hommage à tous les morts pour la France". Auparavant, ce jour férié marquait spécifiquement l'armistice de la Première Guerre Mondiale, en 1918. Ce changement sémantique intervient au moment du décès du dernier vétéran connu de 14-18.

Soumis à ce que j'appellerais la "dilution temporelle", des événements jadis hautement symboliques perdent de leur force et de leur pertinence. Disparition des derniers témoins ; effets du temps qui passe ; nouveaux événements, plus clairs dans la mémoire, et qui demandent aussi d'être soulignés. Une sorte de poussière tombe sur le vieil événement. Il se dissout. Il est mangé par la terre, comme les corps de ces gens dont personne ne se souvient.


Les silhouettes anonymes de Francisco de Goya, sur wikipedia.


Qu'est-il arrivé à la mémoire des autres grandes guerres ? La Guerre de Cent Ans ? Et celle de Trente Ans ? La Guerre franco-allemande de 1870 (430 000 morts) ? La Guerre d'indépendance espagnole (607 000 morts) ?

L'oubli, patient dans sa tâche...



jeudi 23 février 2012

Ghost in the machine

Un article intéressant du Monde, qui peint le portrait d'un système bancaire déshumanisé, cupide, et mauvais pour l'humain. Mais jusqu'en haut de la pyramide. Avec des traders qui, eux aussi, en ont marre.

C'est très fashion, ces jours-ci, de taper sur les banquiers. Pour ma part, je crois qu'ils sont profondément humains, qu'ils nous ressemblent, et qu'ils partagent nos aspirations : richesse, pouvoir, succès, vanité. Les banquiers vont changer le jour où le citoyen lambda arrêtera d'acheter de faux sacs Louis Vuitton à la station Barbès, ou des écharpes Dior en acrylique à Porte de Montreuil.

Moi je crois qu'on devrait persister dans l'illusion de la croissance infinie. Mais je veux bien humaniser le système en remplaçant tous les traders déprimés par des machines. L'ordinateur ne souffre pas de remords. En plus, la machine est plus rentable. J'ai pour preuve ce simple petit radar routier qui rapporte 22 millions d'euros par année à l'État français.

Pour arriver à 22 millions d'euros de profit annuel net, un trader doit prendre des risques élevés et mobiliser des sommes considérables. Le radar, lui, n'a qu'à attendre. C'est la pêche miraculeuse. Donc mettez les traders en vacances, pour le salut de leur âme.


Radar routier, dans wikipedia.


En fait, il y a toute une économie de "l'infraction et son amende" qui reste peu exploitée. C'est dommage, car selon moi la France pourrait être propulsée au rang de première économie mondiale. Imaginez si l'État percevait une taxe à chaque fois qu'un Français pose ce genre de geste :
  • à la cantine, rendre une part de fromage "gratuite" en la dissimulant sous sa salade
  • sauter par dessus les tourniquets du métro
  • demander d'être facturé en deux fois pour arnaquer un peu l'assurance
  • profiter des largesses du système, notamment occuper seul un appartement HLM prévu pour une famille
  • partir sans payer sa bière
  • prendre le TGV sans billet

Y'a pas meilleurs que les Français pour se disculper des petites arnaques du quotidien. Leur dissidence est génétique. Contourner le système, voire en profiter, est perçu comme une preuve d'intelligence. Imaginez ce que rapporteraient, dans un pays comme la France, des machines capables de détecter la petite fraude banalisée.

mardi 21 février 2012

Mourir à la fin

Bon, j'avais résolu de vous donner mon avis sur Les 100 choses qu'il faut avoir faites dans sa vie a Paris selon le Figaro. Mais sérieusement, je commençais à m'ennuyer grave avec cette collection de suggestions nulles pour petits Bobos affectés. Et puis, en relisant la 49, j'ai eu une idée. Ça dit :
  1. S'être prise pour Shirley McLaine dans Irma la Douce (Billy Wilder) en empruntant la rue Casanova.
C'est vrai que la rue Casanova est vraiment un cadre agréable pour pratiquer le plus vieux métier du monde. Mais ça m'a surtout donné l'envie de vous faire ma Liste des 27 choses cinématographiques qu'il faut avoir faites dans sa vie a Paris. En plus, si vous suivez mes conseils, vous mourrez à la fin. Ça c'est cool !
  1. Trouvez un appartement vide près de la station Bir-Hakeim, achetez 250 grammes de beurre, et faites des cochoncetés comme dans Le Dernier Tango à Paris.


  2. Allez faire Les Quatre Cents Coups sur la rue Marcadet. Le coin est toujours aussi prolétaire, alors il se peut que les 400 coups en question pleuvent sur votre gueule pendant qu'on vous fait les poches.


  3. Portez des chaussures de couleurs différentes à l'aéroport d'Orly, comme Pierre Richard dans Le Grand Blond avec une chaussure noire. Constatez que ce détail ne trouble le sommeil d'aucun agent de sécurité.


  4. En souvenir de L'Aile ou la Cuisse, tentez de sortir sans payer d'un restaurant étoilé. Après avoir été "accidentellement" reconnu comme guide gastronomique, négociez un repas gratuit et une deuxième bouteille à emporter en échange d'un commentaire positif dans un "certain guide vert bien connu" (insistez sur ces mots pendant vos tractations).


  5. Faites-vous une thématique Amélie Poulain en balançant des nains de jardin du haut de Notre-Dame pour tuer la mère d'une fille au look rétro.


  6. Comme dans Le père Noël est une ordure, restez coincé dans l'ascenseur d'un immeuble parisien (de préférence un vieux avec la grille et tout).


  7. Sortez tuer quelqu'un, et revenez vous coincer une deuxième fois, pour faire comme dans Ascenseur pour l'échafaud.


  8. Comme dans Moulin Rouge, partez vivre à Montmartre pour devenir écrivain, et constatez que tous les habitants de Montmartre couchent contre rémunération en attendant de gagner le Goncourt.


  9. À l'instar de Robert Langdon, élucidez le code secret des toilettes du Starbucks du Louvre, et découvrez qu'une puissante organisation mondiale cherche à contrôler la planète par le biais d'une gigantesque envide de pipi collective.


  10. Comme Zazie, découvrez que les employés du métro font toujours la grève quand on a besoin d'eux.


  11. Devenez pompiste alcoolique dans un coin crade du 18e arrondissement.


  12. Comme Depardieu dans 36 quai des Orfèvres, laissez pousser votre moustache et donnez l'impression d'être atteint d'une mauvaise haleine perpétuelle.


  13. Passez une nuit dehors au froid, comme dans Les Amants du Pont-Neuf. Trouvez un clochard pour vous faire la réplique.


  14. À Bastille, alors que vous mangez des nems dans un buffet, ayez un éclair de génie et résolvez l'intrigue de Chacun cherche son chat.

Les nems, c'est bon. Source : wikipedia.


  1. Comme Woody Allen pour Minuit à Paris (et la majorité de son oeuvre), tournez une comédie pour intellos impotents dans laquelle vous mettrez en scène vos fantasmes de vieux réalisateur libidineux.


  2. Piquez une mallette à quelqu'un, volez une voiture, et roulez à plus de 160 km/h dans le tunnel des Halles. N'ouvrez jamais la mallette.


  3. Trouvez un pont. Trouvez une fille. Lancez des couteaux à la fille sur le pont.


  4. Découvrez les joies de l'administration française, comme Harrison Ford dans Frantic.


  5. Faites exploser la Tour Eiffel, comme dans G.I. Joe : Le Réveil du Cobra. Ensuite, tentez de fuir sans vous faire tuer, comme Jason Bourne dans La Mémoire dans la peau.


  6. Restez coincé sur un quai de métro pendant 45 minutes à cause d'un "accident de voyageur", et découvrez que la vraie vie va moins vite que dans Subway.


  7. Comme Michel, dans la séquence finale de À bout de souffle, effondrez-vous sur un trottoir du boulevard Raspail et dites "C'est vraiment dégueulasse" en constatant que vous avez les cheveux dans un caca de chien.


  8. Allez vous jeter dans le bassin des phoques du zoo de Vincennes, afin de commémorer l’atterrissage de Big Moustache dans La Grande Vadrouille.


  9. Prostituez-vous entre 14 et 17 heures, comme Catherine Deneuve dans Belle de Jour. Utilisez vos recettes pour un lifting.


  10. Endormez-vous au théâtre Montmartre et manquez Le Dernier Métro.


  11. Dissimulez une bombe dans un couscoussier et faites exploser une école, comme dans Les Sous-doués.


  12. Allez encaisser (et déguster) quelques pots-de-vin au Bistrot La Renaissance, rue Championnet dans le 18e, comme Boisrond dans Les Ripoux.


  13. Pour marquer le 40e anniversaire de la sortie des Aventures de Rabbi Jacob, faites comme la femme de Georges Cravenne, le publicitaire du film, et détournez le vol Air France Paris-Nice. Selon wikipedia, fragile psychologiquement, elle a menacé de détruire le Boeing 727 si le long métrage, qu'elle jugeait "anti-palestinien" et intolérable au vu de la situation internationale, n'était pas interdit. Armée d'une carabine 22 long rifle et d'un faux pistolet, la jeune femme a accepté que l'avion se pose à Marignane pour ravitaillement avant de repartir vers Le Caire. Sur place, au cours d'un échange de coups de feu, Danielle Cravenne a été atteinte à la tête et à la poitrine. Elle est décédée dans l'ambulance qui l'évacuait vers une clinique.


lundi 20 février 2012

Les Français nuls en amour


Psyché ranimée par le baiser de l'Amour,
au Louvre. Source : wikipedia.


Je savais déjà que le Français est nul au lit. Je découvre aussi que le Français est nul en amour. En effet, dans son article "Les 100 choses qu'il faut avoir faites dans sa vie à Paris", le Figaro recense seulement sept petites suggestions pour un moment de romance. Et elles manquent cruellement d'originalité. J'en suis à croire que les lecteurs du Figaro sont de mauvais amants. Voici ce que propose le journal, et mes commentaires en italiques :

  1. S'être embrassé quai de la Tournelle. (Bon, c'est à côté de Notre-Dame, y'a 180 touristes japonais au mètre carré, alors si vous décidez de le faire, ce sera vite fait. N'ayez crainte, les clochards ne sont pas méchants.)
  2. Avoir commandé un cocktail au bar Hemingway du Ritz aux couleurs des yeux de son invitée. (Bon, on voit que pour certains, un lieu branchouille et l'agencement des couleurs compte plus que le reste.)
  3. Avoir loué une chambre d'amour à l'hôtel Chopin du passage Jouffroy. (L'endroit est sympa. L'hôtel est un deux étoiles, donc faut modérer ses attentes.)
  4. Avoir gravé son nom et celui de son amour dans le mur des catacombes. (Je ne sais pas trop, mais l'association entre amour et ossements humains ne me plaît pas trop.)
  5. Avoir joué la carte du doublé gagnant "champagne + plaid" sur le pont d'un Bateau-Mouche pour profiter des lumières sur la ville. (Paraît que ça vaut le coup. Pépère mais potable.)
  6. S'être donné rendez-vous au moins une fois sur le parvis de Notre-Dame, à la fontaine Saint-Michel ou sur les marches de l'Opéra Garnier. (Complètement ordinaire. Tout rendez-vous dans le huitième arrondissement a systématiquement lieu sur les marches de l'Opéra Garnier.)
  7. Avoir pris un verre face au soleil couchant au Bourbon, derrière l'Assemblée nationale. (Une autre place banale, comme il y en a des dizaines à Paris.)

Devant cette désolante collection de pudeur rétrograde, je me dois de renchérir. Je ne suis pas Casanova, mais je vais tenter de faire un petit effort :
  • Vous aimez braver l'interdit ? Essayez un petit coup rapide avec votre tendre moitié (ou quelqu'un d'autre) au sommet de la coupole du Sacré-Coeur. L'endroit est souvent désert, et la vue sur Paris est imprenable. La seule bonne raison d'aller à Montmartre.
  • Faites-vous une balade aphrodisiaque : un plateau d'huîtres chez Bofinger, des chocolats chez Debauve et Gallais, arrêtez pour une bouchée de caviar au café Petrossian, prenez un plat à la Maison de la Truffe. Puis rentrez à l'hôtel faire une petite sieste à deux. (Notez que cette jolie promenade vous fera voir la Bastille, Saint-Germain-des-Prés, les Invalides, les Tuileries, et la Madeleine.)
  • Allez au Louvre, placez-vous devant la Joconde, et faites-vous le French kiss le plus langoureux de l'histoire de l'Art. Persistez jusqu'à ce que la foule vous photographie.

La Joconde, au Louvre. Des voyageurs de tous les continents
rapporteront votre French kiss sur leur carte-mémoire.
Encore mieux que Facebook. Source : wikipedia.


  • Offrez à chérie un vêtement Aubade, à condition qu'elle vous laisse regarder pendant l'essayage.
  • Si votre couple en est à cette étape, allez au Jardin du Luxembourg pour voir les gamins, fous de joie, qui poussent leur petits voiliers sur le bassin principal. C'est totalement mignon, garanti qu'elle voudra essayer d'en fabriquer un.
  • Chez les vendeurs de cartes postales anciennes de la Galerie Montmartre, offez-lui un mot d'amour écrit il y a 100 ans.
  • Faites des séries de photos dans un Photomaton. Osez les choses coquines.
  • Visitez les grands noms de la parfumerie et du soin corporel. Faites quelques achats pour votre bain aux chandelles du soir.
  • Offrez-lui une coupe de champagne et laissez tomber : "J'adore le champagne, c'est le seul truc qui scintille comme tes yeux... Non, c'est pas vrai ; y'a ceci aussi..." Et sortez de votre poche un diamant de chez Cartier.

Bon, je dirais bien au Figaro d'aller se rhabiller... Mais faudrait d'abord qu'il ait le talent de finir tout nu.

vendredi 17 février 2012

Bouffer à Paris


La somptueuse salle Belle-Époque du restaurant
Le Train Bleu, à la Gare de Lyon. Source : (wikipedia).


Cet article du Figaro recense les 100 choses qu'il faut avoir faites dans sa vie à Paris. C'est un point de départ intéressant si vous préparez une semaine en amoureux dans la Ville Lumière. Je vous recommande sa lecture, mais sachez que le public-cible du papier est d'abord le Parisien "bobo-branché" qui a déjà tout fait, et qui cherche de nouveaux trucs pour épater ses potes.

Dans ce billet, je vous annote les items 1 à 28, soit la partie dédiée à la bouffe. Mes annotations sont en italiques. Attention, je suis plus snob que les snobs.

  1. Avoir dîné au Tokyo Eat (XVIe) sans avoir poussé la porte du Palais de Tokyo. (Honnêtement, juste un autre resto de musée. Le Palais de Tokyo est le musée d'art contemporain le plus bordélique de la planète. L'endroit est en rénovation depuis 329 avant Jésus-Christ, alors on ne sait jamais si on est face à une oeuvre, ou simplement devant un tas de déchets du chantier. Et impossible de draguer sa clientèle de pouffiasses qui paradent leur Zadig et Voltaire de vente privée. C'est un style, peut-être que vous aimerez.)


  2. Avoir pris un petit déjeuner sur la terrasse du Café Marly, un Costes parmi tant d'autres. (Cette fameuse terrasse donne sur la cour du Louvre. Donc vous n'aurez pas le café à 99 centimes. Mais ça vaut la peine. Vos photos sur Facebook feront baver d'envie.)


  3. S'être assis autour d'une table à l'Astrance. (Très réputé. Prévoir un budget équivalent à un week-end en amoureux à Venise. Après, à vous de décider ce que vous préférez entre un resto ou Venise.)


  4. Avoir organisé un pot sans départ au Train Bleu, gare de Lyon. (Effectivement un endroit parfait pour vos fantasmes Belle-Époque. Faites comme les lecteurs du Figaro et apportez votre Rolex.)


  5. Avoir dîné chez Lipp, au rez-de-chaussée et côté rue, de préférence près d'une tête connue. (Jamais entré. Si vous voulez vivre dans le passé, libre à vous.)


  6. Avoir mangé une soupe à l'oignon aux Halles. (Oui mais où ? Les Halles sont un repaire de restos médiocres.)


  7. Avoir acheté une glace en cornet chez Bertillon, la maison mère. (C'est possible, si on consent à faire la queue pendant 45 minutes. Et si vous avez déjà mangé du gelato en Italie, vous direz "bof...")


  8. S'être délecté du Paris-Brest de Philippe Conticini à la Pâtisserie des Rêves de la rue du Bac. (Totalement. Mais si on les compare aux standards américains, 80 % des pâtisseries de Paris sont géniales. Alors repérez-en une bonne, et faites-vous un repas complet avec trois beaux desserts. Une fois dans une vie, c'est pas trop décadent.)


  9. S'être fait plaisir en remplissant son panier à la Grande Épicerie du Bon Marché. (Un vrai orgasme gastronomique. Un grand supermarché consacré uniquement aux produits fins. C'est comme Dean & Deluca, mais en 10 fois mieux. Préparez-y le pique-nique que vous n'oublierai jamais.)


  10. Avoir craqué pour le macaron au caramel au beurre salé de Ladurée. (Pierre Hermé ou Ladurée, c'est une guerre de religion. Cherchez un pâtissier qui les fait pas à l'usine. Essayez Acide, un atelier que j'ai découvert grâce à Marie-Ju et MissK. En plus, c'est dans un beau coin du 17e.)


  11. Avoir pris un thé à la menthe à la Mosquée de Paris. (Beaucoup de monde pour boire une infusion au goût de dentifrice sucré. Quand même sympathique, mais ne rêvez pas trop d'Istanbul. Reste qu'on m'a dit beaucoup de bien du hammam.)


  12. Avoir déjeuné tamoul chez Pooja. (Les Français ont horreur des épices et du piment. Donc n'écoutez jamais leurs recommandations en matière de nourriture asiatique. Si vous voulez manger tamoul et bien relevé, allez là où les Tamouls parisiens vivent, près de la station La Chapelle.)


  13. Avoir dévoré une côte de boeuf à deux à 6 heures du matin chez Denise, à La Tour de Montlhéry. (C'est quoi ce délire ? Si vous êtes encore debout à six heures du matin, profitez de l'aube sur les rues désertes pour faire les plus belles photos de votre vie. Vous irez au resto vers huit heures, quand la lumière sera redevenue moche et les rue pleines de gens taciturnes.)


  14. S'être cru à New York en dégustant un club sandwich au Harry's Bar. (Si vous venez d'Amérique, rien de bien exotique à cet endroit, à part une vague légende de la Lost Generation. Mais si vous aimez les scotchs, ça change tout : ils ont une collection unique avec des breuvages hors de ce monde.)


  15. Avoir commandé un plateau de fromages chez Marie-Anne Cantin. (Je ne connais pas cette fromagère. Mais le fromage, à Paris, c'est un des meilleurs rapports bonheur/prix. Une baguette, un fromage, une bouteille de rouge, et le Jardin du Luxembourg vous donneront plus de joie que 70 % des restos parisiens.)


  16. S'être ruiné un dimanche matin au marché bio du boulevard Raspail. (Quand on va au marché bio de Raspail, c'est pas pour ce qu'on y trouve, mais pour s'en vanter le lundi matin au boulot. Allez à Bastille, c'est moins pompeux.)


  17. Avoir déjeuné d'un bento chez Kunitoraya 2. (Attire surtout les wannabes de la branchouille. Lors de mon passage, j'ai vu au moins deux "clients à six pattes", if you know what I mean. Y'a beaucoup mieux sur la rue, en matière de comptoir japonais.)


  18. Avoir trinqué avec les vignerons lors de la Fête des vendanges de Montmartre, début octobre. (Oubliez ça. Montmartre est bondé de mauvais portraitistes 365 jours par année. Imaginez quand c'est les vendanges.)


  19. Avoir mangé un fallafel un dimanche chez l'As du Fallafel , rue des Rosiers. (Délicieuse bouffe-minute, en plein coeur du Marais. Cinq euros pour un sandwich géant garni de falafels et de légumes frais. Super pour une journée de visite chargée.)


  20. Avoir dépensé 80 euros à deux pour un poulet rôti-pommes allumettes chez l'Ami Louis. (Du poulet rôti et des frites... que c'est romantique... Je vous recommande plutôt un joli petit bar à Champagne où m'a amené mon ami Fred, le Point Bulles, en plein Saint-Germain-des-Prés. Pour 80 euros, vous aurez une bouteille de champagne très correct et un repas léger pour deux.)


  21. Avoir trouvé le filon pour aller acheter ses fleurs à Rungis et y manger des huîtres. (Beaucoup trop compliqué... Rungis n'existe que pour alimenter Paris. Alors restez à Paris et Rungis viendra à vous.)


  22. Avoir acheté son thé préféré chez Mariage Frères. (C'est vrai qu'ils font du bon thé. Mais vous le trouverez partout.)


  23. Avoir pique-niqué sur le pont des Arts. (Ça c'est vraiment agréable, même si un peu cliché. Vous allez adorer. Et aucun resto n'offre une telle vue sur la Seine.)


  24. Avoir mordu dans un sandwich libanais avenue George-V pour se croire à Beyrouth. (Pour avoir l'impression que l'Avenue George-V ressemble à Beyrouth, il faut voir pris beaucoup de LSD. Et en 4 ans à Paris, je n'ai pas trouvé un resto libanais digne de ce nom. Allez plutôt à Montréal.)


  25. Avoir fait une pause au New Nioullaville pour se remettre du Nouvel An chinois. (Avez-vous vraiment envie de manger chinois pendant une semaine à Paris ?)


  26. Avoir pris un café au Flore. (Un bon plan si vous êtes nostalgiques d'une époque où vous n'existiez pas, et prêts à payer très cher dans un café tout-à-fait ordinaire pour vous auto-convaincre que ce lieu revêt une importance historique quelconque. Demandez le menu spécial "Gros touriste crédule et exploitable".)


  27. S'être assis devant un petit-déj "plateau" à la Coupole, en habitué, sur les banquettes rouges (surtout pas en terrasse). (La Coupole est effectivement un classique qui comblera votre envie de grande brasserie parisienne. C'est bien fait, juste assez péteux, y'a une bonne ambiance, et c'est pas trop cher. Une sorte de Chartier, mais avec de vrais Parisiens et de la nourriture comestible.)


  28. N'avoir juré que par la tête de veau d'Apicius. (Pour votre info, le menu du midi de cet établissement oscille entre 160 et 200 euros. À ce prix, essayez autre chose qu'un plat composé de museau, de cervelle, de langue et de joue.)

Si j'ai un petit conseil pour votre voyage à Paris, c'est celui-ci : préparez vos adresses de restos. Une des raisons qui motivent un voyage en France, c'est la bouffe. Or, Paris est une des villes au monde où on trouve la plus forte concentration de restos dégueulasses et trop chers. L'explication est simple : 27 millions de touristes par année. Il y a beaucoup de très bonnes tables à Paris, même dans le petit budget. Mais pour chaque restaurateur honnête, il y a au moins quatre arnaqueurs qui se frottent les mains en pensant aux autocars de touristes prêts à se gaver de terrine Leader Price.


N.B. - si un des établissements mentionnés ici vous intéresse, référez-vous à l'article du Figaro pour les liens.