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vendredi 12 octobre 2012

Tic Tac

J'adore les trois première secondes d'un Tic Tac. Ce magnifique petit goût vanillé, aucune autre menthe ne l'a. Mais après, ça devient ordinaire. Et ça toutes les menthes l'ont. Alors j'ai écrit à Ferrero, fabriquant du Tic Tac :

Bonjour. J'adore les 3 premières secondes vanillées du Tic Tac original. Avez-vous une version entièrement "vanille", donc sans le goût de menthe plutôt ordinaire ?

J'ai écrit à la maison-mère, en Italie. J'ai traduit ma lettre en italien dans Google Translate. Le résultat semblait potable. Avant de l'envoyer, j'ai demandé à Google de "détraduire" son résultat, de l'italien vers le français. Le texte était un peu amoché, mais son essence était encore compréhensible.

Au bout de quelques jours, j'ai reçu une réponse laconique qui disait, en résumé : "Vous êtes en France, écrivez à Ferrero France". Finalement, le service à la clientèle de Ferrero Italie est peut-être sous-traité en Inde.

J'ai essayé d'écrire à Ferrero France. Mais leur formulaire en ligne a un bogue. Impossible de saisir ma ville, mais le champ est obligatoire. Alors j'ai un popup d'erreur. Finalement, le site web de Ferrero France est peut-être développé et testé en Inde. Ou en France...

@Ferrero : c'est ici que doit commencer à sonner votre alarme "Client qui se barre". Si vous ne connaissez pas, demandez à un service à la clientèle américain, et on vous expliquera.

Vanilla planifolia, sur wikipedia.


Donc je suis retourné dans Google pour chercher un autre fournisseur de bonbons à la vanille. Suprise : ils sont plutôt rares. À moins de commander une boîte de 20 kilos en provenance de Super Candy Wholesale au Connecticut, on est un peu baisé.

Je peux avoir du Coca-Cola à la vanille, une lessive à la vanille, du Febreeze à la vanille, du lait de soja à la vanille, des yaourts à la vanille, des biscuits à la vanille. La vanille est un des parfums de glace les plus consommés au monde. Mais des bonbons, je trouve pas. Y'a beaucoup de propositions avec la vanille comme deuxième parfum : toffee à la vanille, machin menthe et vanille, chocolats coeur vanille. Mais un petit bonbon "juste vanille", c'est rare.

Alors à l'entrepreneur parmi vous : je serai votre premier client.

mercredi 14 mars 2012

Paris fait régime

"Dis-moi ce que tu manges", selon le dicton. Dans le cas des Français, on pourrait aussi y aller d'un "dis-moi ce que tu bois"... Si vous organisez vos voyages en fonction de votre gourmandise, je vous suggère très fortement la lecture de cet article. Il pointe vers une carte de France où sont listés, par région, les dix produits alimentaires les plus surconsommés par les Français.

Le tout est basé sur une étude de Nielsen. On y parle de "surconsommation par région" en référence à la moyenne nationale. Ainsi, on y dit que les habitants du Rhône consomment 42% plus de concentré de tomate que le reste des Français. Donc, si le Français moyen mange 100 millilitres de concentré, l'habitant du Rhône en avalera 142 millilitres. Autre exemple, dans la Saône-et-Loire, où on déguste 107% plus d'escargots et de grenouilles surgelés que dans le reste de la France. Ce qui revient à dire qu'on y mange deux fois plus de batraciens qu'ailleurs au pays.

Et pourquoi ça vous aiderait dans la planification d'un voyage ? Très simple, suffit d'interpréter un peu les données. Dans le Gers, on mange quatre fois plus de féculents que la moyenne. Donc apportez votre pince-nez. Pour des vacances alcoolisées, choisissez le Cantal, où il se boit 12 fois plus de gentiane. Et la région du Calvados fait honneur à son alcool homonyme, avec une consommation dépassant de 6 fois la moyenne nationale. Le coin de l'Alsace n'est pas en reste : dans le Bas-Rhin, on avale 13 fois plus d'amer brun qu'ailleurs. L'amer brun, c'est du Picon. Ça se dilue dans de la bière...

Si vous privilégiez l'attaque cardiaque à la cirrhose, plusieurs régions de France ont ce qu'il vous faut. Dans la Sarthe, vous pourrez manger 5,5 fois plus de rillettes. Pour ceux qui ont la dent sucrée, on avale 3,5 fois plus de pain d'épice dans la Côte-d'Or. Et si vous rêvez de malbouffe, je vous recommande le Pas-de-Calais, où on dévore 4 fois plus de viande en conserve et 3 fois plus de graisse pour friture. Pour sa part, le célibataire noctambule évitera la ceinture ouest de Paris (Seine-Saint-Denis, Seine-et-Marne), où on remarque une forte surconsommation d'aliments infantiles (lire "banlieue pavillonnaire pour nouvelles familles").


Agapes parisiennes, sur wikipedia.


La carte me conforte aussi dans une de mes croyances les plus tenaces : on mange mal à Paris. À ce propos, les gens refusent souvent de me croire. Quand je parle de restos dégueulasses et de réputation surfaite, les Parigots patriotes veulent me lapider. Or, que surconsomme-t-on dans la Métropole, selon l'étude ? Dans ce ordre :
  • Boissons aux fruits
  • Soupes
  • Lait frais
  • Jus de légumes
  • Salade et crudités préparées
  • Tequila
  • Produits diététiques
  • Thé
  • Pâtes fraîches
  • Gin

Vous appelez ça de la gatronomie, vous ? Moi j'appelle ça "picoler aux cocktails le samedi soir, et faire régime le reste de la semaine". Paris n'est pas une ville de bonne chère. C'est une ville de mannequins cocaïnés. On y consacre la moitié de son budget à se loger, et l'autre moitié à acheter des t-shirts pseudo-usés chez The Kooples ou Zadig et Voltaire. À Paris, les gourmands subissent l'opprobre. À Paris, s'il reste un peu de fric, on se paie des pâtes. Sinon c'est café-cloppe.

vendredi 17 février 2012

Bouffer à Paris


La somptueuse salle Belle-Époque du restaurant
Le Train Bleu, à la Gare de Lyon. Source : (wikipedia).


Cet article du Figaro recense les 100 choses qu'il faut avoir faites dans sa vie à Paris. C'est un point de départ intéressant si vous préparez une semaine en amoureux dans la Ville Lumière. Je vous recommande sa lecture, mais sachez que le public-cible du papier est d'abord le Parisien "bobo-branché" qui a déjà tout fait, et qui cherche de nouveaux trucs pour épater ses potes.

Dans ce billet, je vous annote les items 1 à 28, soit la partie dédiée à la bouffe. Mes annotations sont en italiques. Attention, je suis plus snob que les snobs.

  1. Avoir dîné au Tokyo Eat (XVIe) sans avoir poussé la porte du Palais de Tokyo. (Honnêtement, juste un autre resto de musée. Le Palais de Tokyo est le musée d'art contemporain le plus bordélique de la planète. L'endroit est en rénovation depuis 329 avant Jésus-Christ, alors on ne sait jamais si on est face à une oeuvre, ou simplement devant un tas de déchets du chantier. Et impossible de draguer sa clientèle de pouffiasses qui paradent leur Zadig et Voltaire de vente privée. C'est un style, peut-être que vous aimerez.)


  2. Avoir pris un petit déjeuner sur la terrasse du Café Marly, un Costes parmi tant d'autres. (Cette fameuse terrasse donne sur la cour du Louvre. Donc vous n'aurez pas le café à 99 centimes. Mais ça vaut la peine. Vos photos sur Facebook feront baver d'envie.)


  3. S'être assis autour d'une table à l'Astrance. (Très réputé. Prévoir un budget équivalent à un week-end en amoureux à Venise. Après, à vous de décider ce que vous préférez entre un resto ou Venise.)


  4. Avoir organisé un pot sans départ au Train Bleu, gare de Lyon. (Effectivement un endroit parfait pour vos fantasmes Belle-Époque. Faites comme les lecteurs du Figaro et apportez votre Rolex.)


  5. Avoir dîné chez Lipp, au rez-de-chaussée et côté rue, de préférence près d'une tête connue. (Jamais entré. Si vous voulez vivre dans le passé, libre à vous.)


  6. Avoir mangé une soupe à l'oignon aux Halles. (Oui mais où ? Les Halles sont un repaire de restos médiocres.)


  7. Avoir acheté une glace en cornet chez Bertillon, la maison mère. (C'est possible, si on consent à faire la queue pendant 45 minutes. Et si vous avez déjà mangé du gelato en Italie, vous direz "bof...")


  8. S'être délecté du Paris-Brest de Philippe Conticini à la Pâtisserie des Rêves de la rue du Bac. (Totalement. Mais si on les compare aux standards américains, 80 % des pâtisseries de Paris sont géniales. Alors repérez-en une bonne, et faites-vous un repas complet avec trois beaux desserts. Une fois dans une vie, c'est pas trop décadent.)


  9. S'être fait plaisir en remplissant son panier à la Grande Épicerie du Bon Marché. (Un vrai orgasme gastronomique. Un grand supermarché consacré uniquement aux produits fins. C'est comme Dean & Deluca, mais en 10 fois mieux. Préparez-y le pique-nique que vous n'oublierai jamais.)


  10. Avoir craqué pour le macaron au caramel au beurre salé de Ladurée. (Pierre Hermé ou Ladurée, c'est une guerre de religion. Cherchez un pâtissier qui les fait pas à l'usine. Essayez Acide, un atelier que j'ai découvert grâce à Marie-Ju et MissK. En plus, c'est dans un beau coin du 17e.)


  11. Avoir pris un thé à la menthe à la Mosquée de Paris. (Beaucoup de monde pour boire une infusion au goût de dentifrice sucré. Quand même sympathique, mais ne rêvez pas trop d'Istanbul. Reste qu'on m'a dit beaucoup de bien du hammam.)


  12. Avoir déjeuné tamoul chez Pooja. (Les Français ont horreur des épices et du piment. Donc n'écoutez jamais leurs recommandations en matière de nourriture asiatique. Si vous voulez manger tamoul et bien relevé, allez là où les Tamouls parisiens vivent, près de la station La Chapelle.)


  13. Avoir dévoré une côte de boeuf à deux à 6 heures du matin chez Denise, à La Tour de Montlhéry. (C'est quoi ce délire ? Si vous êtes encore debout à six heures du matin, profitez de l'aube sur les rues désertes pour faire les plus belles photos de votre vie. Vous irez au resto vers huit heures, quand la lumière sera redevenue moche et les rue pleines de gens taciturnes.)


  14. S'être cru à New York en dégustant un club sandwich au Harry's Bar. (Si vous venez d'Amérique, rien de bien exotique à cet endroit, à part une vague légende de la Lost Generation. Mais si vous aimez les scotchs, ça change tout : ils ont une collection unique avec des breuvages hors de ce monde.)


  15. Avoir commandé un plateau de fromages chez Marie-Anne Cantin. (Je ne connais pas cette fromagère. Mais le fromage, à Paris, c'est un des meilleurs rapports bonheur/prix. Une baguette, un fromage, une bouteille de rouge, et le Jardin du Luxembourg vous donneront plus de joie que 70 % des restos parisiens.)


  16. S'être ruiné un dimanche matin au marché bio du boulevard Raspail. (Quand on va au marché bio de Raspail, c'est pas pour ce qu'on y trouve, mais pour s'en vanter le lundi matin au boulot. Allez à Bastille, c'est moins pompeux.)


  17. Avoir déjeuné d'un bento chez Kunitoraya 2. (Attire surtout les wannabes de la branchouille. Lors de mon passage, j'ai vu au moins deux "clients à six pattes", if you know what I mean. Y'a beaucoup mieux sur la rue, en matière de comptoir japonais.)


  18. Avoir trinqué avec les vignerons lors de la Fête des vendanges de Montmartre, début octobre. (Oubliez ça. Montmartre est bondé de mauvais portraitistes 365 jours par année. Imaginez quand c'est les vendanges.)


  19. Avoir mangé un fallafel un dimanche chez l'As du Fallafel , rue des Rosiers. (Délicieuse bouffe-minute, en plein coeur du Marais. Cinq euros pour un sandwich géant garni de falafels et de légumes frais. Super pour une journée de visite chargée.)


  20. Avoir dépensé 80 euros à deux pour un poulet rôti-pommes allumettes chez l'Ami Louis. (Du poulet rôti et des frites... que c'est romantique... Je vous recommande plutôt un joli petit bar à Champagne où m'a amené mon ami Fred, le Point Bulles, en plein Saint-Germain-des-Prés. Pour 80 euros, vous aurez une bouteille de champagne très correct et un repas léger pour deux.)


  21. Avoir trouvé le filon pour aller acheter ses fleurs à Rungis et y manger des huîtres. (Beaucoup trop compliqué... Rungis n'existe que pour alimenter Paris. Alors restez à Paris et Rungis viendra à vous.)


  22. Avoir acheté son thé préféré chez Mariage Frères. (C'est vrai qu'ils font du bon thé. Mais vous le trouverez partout.)


  23. Avoir pique-niqué sur le pont des Arts. (Ça c'est vraiment agréable, même si un peu cliché. Vous allez adorer. Et aucun resto n'offre une telle vue sur la Seine.)


  24. Avoir mordu dans un sandwich libanais avenue George-V pour se croire à Beyrouth. (Pour avoir l'impression que l'Avenue George-V ressemble à Beyrouth, il faut voir pris beaucoup de LSD. Et en 4 ans à Paris, je n'ai pas trouvé un resto libanais digne de ce nom. Allez plutôt à Montréal.)


  25. Avoir fait une pause au New Nioullaville pour se remettre du Nouvel An chinois. (Avez-vous vraiment envie de manger chinois pendant une semaine à Paris ?)


  26. Avoir pris un café au Flore. (Un bon plan si vous êtes nostalgiques d'une époque où vous n'existiez pas, et prêts à payer très cher dans un café tout-à-fait ordinaire pour vous auto-convaincre que ce lieu revêt une importance historique quelconque. Demandez le menu spécial "Gros touriste crédule et exploitable".)


  27. S'être assis devant un petit-déj "plateau" à la Coupole, en habitué, sur les banquettes rouges (surtout pas en terrasse). (La Coupole est effectivement un classique qui comblera votre envie de grande brasserie parisienne. C'est bien fait, juste assez péteux, y'a une bonne ambiance, et c'est pas trop cher. Une sorte de Chartier, mais avec de vrais Parisiens et de la nourriture comestible.)


  28. N'avoir juré que par la tête de veau d'Apicius. (Pour votre info, le menu du midi de cet établissement oscille entre 160 et 200 euros. À ce prix, essayez autre chose qu'un plat composé de museau, de cervelle, de langue et de joue.)

Si j'ai un petit conseil pour votre voyage à Paris, c'est celui-ci : préparez vos adresses de restos. Une des raisons qui motivent un voyage en France, c'est la bouffe. Or, Paris est une des villes au monde où on trouve la plus forte concentration de restos dégueulasses et trop chers. L'explication est simple : 27 millions de touristes par année. Il y a beaucoup de très bonnes tables à Paris, même dans le petit budget. Mais pour chaque restaurateur honnête, il y a au moins quatre arnaqueurs qui se frottent les mains en pensant aux autocars de touristes prêts à se gaver de terrine Leader Price.


N.B. - si un des établissements mentionnés ici vous intéresse, référez-vous à l'article du Figaro pour les liens.

mardi 3 janvier 2012

Japanoodle

Un dernier billet sur mes aventures japonaises. Si vous aimez les nouilles, particulièrement les ramens, vous devez absolument visiter le Shiyokohama Ramen Museum, ainsi que le Cup Noodles Museum. Ces deux institutions gastronomiques sont situées à Yokohama, en banlieue de Tokyo. Yokohama est une jolie bourgade de 3,6 millions d'habitants, mais les transports sont bien organisés et permettent de rallier rapidement les deux musées.

Le Shiyokohama Ramen Museum recrée un décor du Japon d'après guerre, dans lequel sont regroupés plusieurs petits restos. Ils offrent toute la variété des ramens de l'archipel nippon, dans de beaux bols fumants et délicieux. Ramens au porc, au bouillon miso ou soja, aux oeufs, algues, croquettes, fruits de mer, légumes, tout y est. C'est pas cher, c'est rigolo, et ça garnit l'estomac pour le reste de l'après-midi.

Mais le vrai délire, c'est au Cup Noodles Museum que vous le trouverez. Prétextant être dédié à la "créativité", ce musée s'avère surtout une vitrine publicitaire amusante pour les célèbres nouilles instantannées de Nissin Food Products, et pour son créateur, le sympathique Momofuku Ando. Je ne crois pas que l'endroit changera votre vie, mais il vous fera passer 90 minutes agréables et colorées. À commencer par cette pièce qui joue sur les perspectives pour vous transformer de nain à géant en trois pas.







Le musée décline toutes les variétés de ramen imaginables, sous l'oeil ravis des fans (généralement des adolescents, et occasionnellement quelque occidental un peu taré).







Le ramen instantanné y est observé de 1000 manières, entre autres par des artistes contemporains.



Les plus grands pourront préparer leur propre gobelet personnalisé. Et les plus petits pourront même participer à un atelier de confection de nouilles.



En gros, un visite plutôt sympa. Et en passant, si le traditionnel bol de Cup Noodles vous semble familier, c'est qu'il a trôné en version géante à Times Square, de 1996 à 2006. Sans le savoir, vous l'avez vu dans un tas de films à saveur new-yorkaise.



dimanche 25 décembre 2011

Japan plastic

Un truc vraiment rigolo au Japon, ce sont ces menus en plastique qu'on dispose à la porte des restos pour attirer les clients. On y voit fruits de mer, soupes, nouilles, sushis, légumes, le tout d'un réalisme étonnant. Ils vous mettront vraiment en appétit. En plus, c'est plutôt pratique pour les visiteurs, dans ce pays où on parle peu anglais. Suffit de pointer ce dont on a envie.







Les menus en plastique ont aussi un autre avantage. Ils permettent d'éviter de se retrouver avec trois brochettes de coeurs de poulet, parce qu'on a cru que le mot "oïshi" signifie "champignon". Je vous le donne dans le mille, "oïshi" veut dire "délicieux", et si vous le prononcez en pointant n'importe quelle ligne d'un menu en japonais, le serveur vous fera systématiquement "oui" de la tête. Alors vivement les machins en plastique qu'on peut montrer du doigt.





J'ai eu l'occasion de visiter quelques boutiques où ils sont fabriqués. J'espérais en rapporter en guise de souvenir. C'est possible, mais prévoyez quand même une bonne somme. Le moindre sushi est vendu à 8 euros. Pour les plats plus élaborés, comme un bol de nouilles udon dans son bouillon, comptez au moins 70 euros. C'est le prix à payer pour une portion d'ultra-réalisme.

Japan fish

Le marché aux poissons de Tsukiji figure à l'itinéraire de tout gourmand qui visite Tokyo. L'expérience est fascinante, mais il est important d'être averti. On est loin du petit marché provencal tout fleuri et prévu pour émouvoir les touristes. Avec 13 millions de bouches à nourrir quotidiennement, Tsukiji est tout sauf bucolique. On y crie, on y court, on y gesticule dans des allées minces, sombres, et réfrigérées.













Il faut se méfier des petits camions de transport. Ils roulent à vive allure et ne freinent pas. Les étourdis ne sont pas les bienvenus.



Pour ceux d'entre vous qui n'ont jamais pris la vraie mesure d'un thon, en voici une moitié, surgelée. Et son proprio à côté, pour vous donner l'échelle.



Et si vous connaissez l'habituelle réserve des Japonais, voici en contraste un exemple de l'humour pratiqué à Tsukiji. Ni pour les gamins, ni pour les mauviettes...



Si tout cela vous fait peur, optez plutôt pour le petit marché aux légumes qui borde Tsukiji. Un peu plus tranquille.



Japan food court

En plus des restos, les gourmands qui visitent l'archipel devront absolument voir les marchés et foires alimentaires. Ces dernières, situées au sous-sol des grands magasins, offrent dans leurs comptoirs de bijoutier une multitude de festins.

Il y a évidemment les classiques bentos. Ces mignonnes boîtes à lunch sont préparées le matin. Toujours élégant et appétissant.









Le choix est infini. Légumes braisés, crudités coréennes, poissons grillés, sashimi, sushis, brochettes, oeufs de poisson...















Pour le dessert, il y a les sublimes pâtisserie.



Et si vous trouvez que la bouffe normale fait trop prolétaire, offrez-vous le panier-cadeau de fruits parfaits. Ils sont cultivés au Japon. Bichonnés, on devrait dire. Pour l'assortiment de petits fruits, comptez 105 euros. Et pour le kit melon + 2 papayes, on monte à 135 euros.





Finissez avec une promenade digestive dans un de nombreux marchés. Les commerçants seront heureux de vous faire découvrir les spécialité du pays, notamment la pléïade de légumes marinés, de petits trésors gustatifs.





Japan bouffe

Je commence aujourd'hui une série de billets sur mon récent passage au Japon. Je partagerai avec vous quelques unes de mes photos. J'espère qu'elles vous feront voyager.

En gourmand que je suis, je commence avec la bouffe. Tout gastronome qui se respecte doit un jour mettre les pieds en territoire Nippon. On y trouve une cuisine d'horlogerie, basée sur la simplicité et la fraîcheur ultime. Point de grande transformation. L'accent est mis sur la présentation, l'harmonie et la pureté. Mais je vais plutôt laisser mes photos vous parler...

Le resto japonais ne fait pas dans la prétention. On le trouve caché dans les petites allées.



L'approche est plutôt informelle. Souvent, il s'agit d'un simple comptoir où on s'arrête pour quelques minutes, le temps d'avaler un bol de nouilles.





Mais quelles nouilles ! Chaque région de l'archipel a sa spécialité. Ici, un bol au bouillon de porc, de l'Ouest. Il sous l'oeuf, il cache de belles tranches de porc rôti, bien lardé, et des légumes. Réconfortant.



Si on veut plus que des nouilles, on préfèrera un établissement traditionnel, avec son comptoir et ses quelques tables.



Et c'est le déferlement des délices. Ici, un magnifique crabe et son bouillon, cuisinés devant le client.





Les petits légumes en accompagnement sont un art au Japon. Ils sont nécessité, à commencer par les diverses marinades de concombres et de daïkon, un gros radis. Presque toujours, il y aura aussi de splendides champignons braisés. Ils sont présentés seuls, ou en assortiment.









Tout le monde connaît les sushis. Ils sont d'une fraîcheur incroyable. Bien sûr, il y a les habituels thon, saumon, et pétoncle. Mais on ira d'audace pour des mets qui ne figurent pas sur les menus occidentaux. Comme les superbes morceaux de poisson grillés à la pièce, à l'aide d'un chalumeau.



Et si vous voulez pousser l'aventure, il faut essayer les gonades de thon. Une fois la barrière psychologique passée, on découvre un plat onctueux et délicat.



Je dois vous faire la publicité d'un troquet fantastique, recommandation d'une connaissance. Le Akaoni 39 n'est pas nécessairement facile à trouver, avis aux débrouillards. Mais une fois qu'on a compris les transports de Tokyo, c'est à deux stations de Shibuya. Je vous mets un lien avec une carte. La sortie en vaut la peine. Au delà de la nourriture somptueuse, vous y trouverez des sakés divins qui vous permettront d'apprécier ce breuvage à sa juste valeur. Je vous avertis, si vous n'avez jamais mis les pieds dans ce genre d'endroit, vous n'avez aucune idée de plaisir que peut procurer l'alcool de riz. Saviez vous qu'il existe des sakés effervescents, qui rappellent un peu le champagne ?

Et pour la bouffe, on m'a régalé d'une petite salade d'épinards au flocons de bonite et fumet.



Les nécessaires sashimi. Jolie découverte, un poulpe délicat, en bas à gauche. Le tout pêché le matin même, et accompagné de wasabi véritable, une racine similaire au raifort, qu'on rape sur une peau de requin.



Les légumes ciselés sont délicieux. Et la racine de lotus confite, avec sa jolie forme, fait toujours bel effet.



Un maquereau parfaitement grillé sur la braise. La chair juteuse sous une peau craquante. J'ai tout mangé, même la tête.



Merci à Ken pour son accueil enthousiaste. Il ne parle pas beaucoup anglais, mais il est un mime excellent.