dimanche 23 novembre 2008

Un peu plus à gauche



Je commence à peine à mettre mon nez dans la politique française. Comme n’est pas le but premier de ma mission ici, j’en ramasse des ti-bouts à l’occasion, sans trop insister. Mes opinions et observations sont celles d’un newbie (border newfie), alors faut pas trop m’en vouloir si je dis des conneries dans les prochains paragraphes. Et surtout, ne cherchez pas une structure thèse-antithèse-synthèse dans le texte. C’est plutôt une structure « chauffeur de taxi timbré ».

En France, le principal parti de gauche est le Parti Socialiste (PS). Là, on est loin de notre gauche de « centre-droite » à l’américaine. On parle d’une vraie gauche, celle qui au Canada se tient dans la marge et ramasse environ 3% des voix lors d’une élection. Un truc comme Québec Solidaire. Le vrai regroupement de gens super gentils, pleins de vertu, et pour qui la dette publique n’est jamais un problème. Ceux qui promettent de rendre tout le monde heureux en faisant la vie dure aux méchants riches. Ceux qui s’avancent pour proposer des réformes de joie profonde dans l’éducation, la santé, et l’emploi, sans toutefois arriver à chiffrer leurs idées. La gauche Passe-Partout, pour qui tout le monde il est beau. Tout le monde, sauf les pas fins de capitalistes, qui gardent pour eux l’inépuisable fontaine à billets verts.

Au Québec, la vraie gau-gauche est rigolote et pas très menaçante. Un groupuscule d’anciens salariés de l’État (directement pour les anciens profs de Cégep et par le biais de subventions pour les anciennes présidentes de la Fédération des femmes du Québec). En France, c’est autre chose. La gau-gauche est organisée, forte, et candidate « sérieuse » à la présidentielle.



La semaine dernière avait lieu l’élection du Premier Secrétaire du Parti Socialiste. Au deuxième tour, Martine Aubry est rentrée avec une majorité de 50,02 %, contre 49,98 % pour Ségolène. Seulement 42 voix de différence. Depuis, fait rage une bataille sanglante digne des guerres internes au PQ. Ségolène conteste les résultats, accusant certaines organisations d’avoir eu recours à des manipulations. Aubry conteste aussi, mais accepte le résultat…(???) Les deux candidates y vont de déclarations publiques dans lesquelles elles se graffignent poliment la face. Beaucoup de chemises sont déchirées.

J’aime bien ce genre de guerre fratricide, surtout quand c’est la Gauche qui la fait. On s’attend à ce genre de truc de la part de la Droite. Mais provenant des Défenseurs de la Vertu et du Citoyen, c’est encore meilleur. C’est comme voir deux curés se donner des claques sur la gueule. C’est divertissant de constater que même les gauchistes peuvent être dévorés par l’ambition. J’ai bien aimé entendre Martine Aubry qui, sur l’habituel ton rassembleur copyrighté par la Gauche, essayait essentiellement de dire : « Royal, ferme ta gueule, t’as perdu ». Sans parler de l’appel fait par Ségolène à François Hollande, actuel Premier Secrétaire du PS. Après avoir écouté ce dernier à la télé, je ne suis pas certain qu’on aura un plan d’action très clair pour sortir le PS de la crise. Il parle un peu comme Louise Harel dans le sketch de RBO (voir ceci : http://www.youtube.com/watch?v=oCyk8mWkM70).

Au Québec, j’avais un peu entendu parler de Ségolène Royal. La Madame me semblait sympathique et élégante. Mais ici, j’ai un tout un choc en l’entendant parler elle-même. Oh boy! En juillet, elle déclarait vouloir redistribuer la moitié des profits de la pétrolière Total aux Français les plus touchés par la flambée des prix du pétrole. C’est de la haute voltige. Je n’ai pas grand chose contre la nationalisation d’une entreprise au complet. Mais nationaliser uniquement ses profits? Hello? Aurais-tu besoin d’un petit cours d’économie 101? Deux possibilités : soit on a affaire à une ignorance crasse du système financier, soit elle dit n’importe quoi pour plaire à une masse qui ne se donne jamais la peine d’aller jusqu’au bout de l’équation.

Chose certaine, les divisions actuelles au sein du PS ont de quoi réjouir Sarkozy. Il se retrouve sans opposition solide et peut gouverner à sa guise. Mais parfois, je me dis que ça fait peut-être l’affaire de la France. Cette nation a fait la révolution, mais dans le fond, elle envie peut-être encore l’Angleterre et sa monarchie. La première chose qu’ont fait les Français après la révolution, c’est de se trouver un empereur. Ensuite, ils ont restauré la monarchie. Suivi d’un autre empire, après une brève pause de quatre années sous un régime républicain. Jusqu’à un amendement récent, les présidents français étaient élus pour sept ans. Mitterrand a dirigé le pays pendant 14 ans. C’est plus longtemps que bien des rois, comme Dagobert 1er, Childéric II, Thierry III, Clovis IV, Dagobert III, Louis II dit Le Bègue, Charles III dit Le Gros, Louis V dit Le Fainéant, Jean 1er dit Le Posthume (roi à sa naissance, il ne vécut que 5 jours), Philippe V dit Le Long, François II, et Louis XVII qui, bien que reconnu par les royalistes, n’eut pas l’occasion de gouverner.


2 commentaires:

helianthine a dit…

J'adore! CONTINUE!

Flibuste a dit…

C'est pour cela qu'on aime la gauche française. C'est une relation PASSIONNELLE. Ta blonde/ton chum à beau faire tout et n'importe quoi, à commencer par se tirer dans les pattes, elle/il n'en est pas moins séduisant(e) pour son coté tendresse.
Aprés ça il reste que la job doit être faite, alors à force de gossage, on s'adresse à des consultants pas forcément engagés pour leur coté sympathique mais efficaces, et qui comme tous les petits nouveaux, lancent des tas d'idèes saugrenues en l'air. Comme Sarkozy de la companie UMP(r) par exemple.

Au moins Ségo est(ait) pas mal plus cute que Mario D. :-)